Après deux premiers actes mémorables, l’heure du dénouement a sonné en ce vendredi 11 mars 2005 : 7 flacons de Châteauneuf-du-Pape 1999 trônent sur la table carrée de la VIP room. Entouré de 7 apôtres animés logiquement de la Foi des premiers chrétiens (Agnès & Gilles T., Jean-François D., Pierre C., Daniel G., Marie S. et bibi), Le Bon Président rompt la meilleure baguette de la capitale et s’apprête à servir les meilleurs vins rouges français.
Appetizer : douceurs aux rillettes & chorizo des Pyrénées + Saumur Villeneuve 1999 (11 euros*) & 2000 Les Cormiers (11.70 euros*). Les deux millésimes bénéficient d’un bon accueil pour leur netteté et digèrent correctement leur élevage. Déjà à point, le 1999 est dense, assez gras, un poil démonstratif et affiche de jolies saveurs. On peut lui reprocher une relative mollesse.
Le 2000 propose une matière plus tendue, plus fraîche, moins dense et au final moins charmeuse. C’est un peu les goûts et les couleurs et on se perd en conjectures pour apprécier le devenir du 2000.
Before : risotto au taleggio et au cresson + CdP Bosquet des Papes 1999 (15 euros*) + CdP Beaurenard 1999. Le risotto plutôt riche fait assez bon ménage avec ces grenaches. Le Bosquet des Papes dans sa cuvée regular et en version magnum affiche un nez et une bouche pas très nets. Mais son naturel, son équilibre et ses jolies saveurs de grenache, semblent l’emporter auprès d’une large part de l’assistance qui ne cessera curieusement tout au long du repas de re-attaquer le magnum.
En comparaison, le Beaurenard dans sa cuvée elle-aussi regular offre un nez et une bouche impeccable. Mais, sa densité laisse à désirer. Il manque de complexité et finit assez court.
Plat de résistance : Echine de porc maraîchère & ses purées de panais et de céleri aux olives + CdP Vieux Donjon** 1999 (12 euros*) + CdP Pierre André*** 1999 (20 euros*) + CdP Font de Michelle 1999 Etienne Gonnet + CdP Bois de Boursan 1999 Les Félix (16 euros*) + CdP Beaurenard 1999 Boisrenard. Le plat est un peu déceptif (pas assez cuit et pan sur le bec !) mais les purées dynamisent l’assiette. L’association est très satisfaisante. Le Vieux Donjon est un très beau vin : naturel, puissant, profond, avec des belles saveurs plutôt secondaires et une finale riche.
A ce stade d’évolution, le Pierre André lui est un poil supérieur. Il conjugue un juste équilibre, de la pureté, de la fraîcheur, des superbes saveurs fruitées à une forte persistance.
Les bouteilles de Pierre André et de Vieux Donjon sont rincées en moins de 15’ et sont les seules de la soirée à connaître pareil sort. Comme pour les Charvin, Pierre Usseglio et Clos Mont-Olivet, ces deux bouteilles expriment avec élégance et authenticité le superbe terroir de Châteauneuf-du-Pape et apportent à la tablée de grands moments de plaisir.
On attaque alors les cuvées. Elles font toutes les trois l’unanimité contre elles pour leurs lourds défauts, vraiment peu acceptables eu égard aux prix pratiqués. Le Font de Michelle dans sa version Etienne Gonnet paraît très travaillé et délivre une bouche asséchante. La cuvée Les Félix du Bois de Boursan souffre de maux comparables. Enfin, le Boisrenard est techniquement bien conçu mais manque totalement de charme et « fatigue » la bouche. Rien à voir avec la « buvabilité » comme dirait Daniel G. des Vieux Donjon ou Pierre André. En outre, l’assemblée reste très dubitative sur les capacités futures de ces cuvées à délivrer du plaisir.
After : salade d’épinards, fromages et dôme au chocolat + Porto Burmester 1989 vintage. L’affaire est bien engagée avec un gâteau au chocolat fort goûtu et l’association avec ce Porto bien né réveille un peu les sens. Mais, la bête dégage de lourdes effluves de vernis à ongles. C’est bien dommage car la bouche, encore très jeune, paraissait très prometteuse.
(*) prix ttc départ propriété
(**) Le Vieux Donjon
9 Avenue Saint Joseph - BP 66 - 84232 CdP CEDEX
Tél : 04.90.83.70.03
(***) Domaine Pierre André
33 Faubourg St Georges - 84350 COURTHEZON
Tél : 04.90.70.81.14
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