Réunion du 11 février 2005 :
Gourt de Mautens vs. La Soumade au tgjp
Dis-donc Dorothée, tu as décidé de nous affamer avec ton tiramisu pour gnômes ? Ben ouais, le TGJP c'est un peu Le Bon Président et les sept nains ! Tout doux Dorothée, on va se faire teje ! Je t'avais pourtant donné 25 euros. Il devrait sacrément opuler ce tiramisu !
C'est vrai. Mais, j'ai dû acheter un gros cierge à 15 euros pour soutenir le Saint-Père tout grippé ! Quelle idée ! Maintenant, on crève la dalle. Enfin, si tu peux le joindre, dis lui qu'on l'attend avec Agnès au cabinet ! On va le refaire à neuf ! Ouais, ben dis lui qu'il passe aussi au Panorama. J'ai un Bera qui chatouille la glotte et un salami du tonnerre !
Une fois l’an au TGJP et plutôt en saison froide, on sacrifie avec humilité & respect au rite du Gourt de Mautens. Cette année, on décide d’épicer un peu l’événement en challengeant le domaine avec le voisin La Soumade. Le rituel est conduit par Le Bon Président, assisté d’un ex-Vrai Président, Pierre C. dit aussi Pierrot-la-limonade. Dorothée G., Daniel G., Agnès T., Gilles T., Marie-S. et bibi assistons dans la ferveur à la grande messe.

Fait-la-bouche : canapés au boudin & à la tapenade + Champagne Roger Pouillon 1997 Extra-brut grand cru + Rasteau blanc Gourt de Mautens 2001 (26 euros*).

On poursuit l’étude de la production pétillante de la maison Pouillon. Cet extra-brut 100% chardonnay est vraiment superbe. La bulle est fine. Les saveurs sont pures, racées et élégantes. La finale est impeccable. La bouteille est rincée en dix minutes. Le plaisir est total auprès d’un public pourtant pas vraiment acquis à la région. C’est la troisième cuvée de cette maison et force est de constater la superbe qualité de la production. Pour les Amateurs Digne de ce Nom, la visite au domaine** s’impose ! Comme il est dejà 15’ avant le risotto, on attaque le blanc du Gourt de Mautens. Rude gaillard derrière le champomy ! La matière est très généreuse, mais sans lourdeur, avec un gras et de belles saveurs. Toutefois à ce stade, l’élevage est un poil présent.


Tour de chauffe : risotto au safran & à la moelle + Rasteau Gourt de Mautens 1998 + Rasteau La Soumade 1998 Confiance.

Le risotto et sa moelle ravissent le convive et tiennent leur rang face aux gros bras de Rasteau. Le GDM 1998 (16 euros*) est assez exceptionnel par son coté très nature. La matière est un peu rustique, très dense avec de belles saveurs de grenaches, quelques notes d’animalité et une certaine complexité. La finale est encore marquée d’une légère astringence. La cuvée Confiance de La Soumade est beaucoup plus civilisée, plus soyeuse, plus fraîche et moins massive. Mais en comparaison, on note un petit creux en milieu de bouche et une finale assez brûlante.


Plat de résistance : Parmentier de veau-carottes + Rasteau Gourt de Mautens 1999 (18 euros*) + Rasteau La Soumade 1998 Fleur de confiance + Rasteau Gourt de Mautens 2000 (20 euros*) + Rasteau Gourt de Mautens 2001 (24 euros*) + Rasteau Gourt de Mautens 2002 (19.50 euros*).

Le plat est un peu « sous-dimensionné » pour les rouges. Le GDM 1999 affiche une certaine fraîcheur par rapport au 1998, un équilibre un poil plus pointu et un peu plus de soyeux en finale. Mais selon certains membres, des notes de vanille troublent un peu le jugement. Le GDM 2000 reprend le ton un peu rustique du 1998, mais il reste encore assez marqué par l’élevage et affiche un certain déséquilibre. Notre GDM 2001 n’est pas complètement net, mais nous portons ce défaut au passif de son bouchon. La cuvée haut de gamme Fleur de Confiance de La Soumade ne convainc pas grand monde. C’est brutal, très dense, avec de fortes marques de zan et de vanillé. Enfin pour le GDM 2002, la messe est dite : c’est bien un 2002.
Au final, si nul ne semble insensible aux charmes des GDM, force est de constater que le niveau des bouteilles reste assez haut par rapport à une jolie soirée Châteauneuf ou Gigondas. Pour le La Soumade, on note clairement un certain manque de plaisir.


Afters variés : chicorée, plateau de bleus & tiramisu + Porto colheita Nogueira 1975, + Porto colheita Krohn 1989.

Le tiramisu pour huit personnes est servi… dans une soucoupe et nous procédons au partage. Pour ce mauvais geste, Dorothée G. sa créatrice, est logiquement habillée pour l’hiver. Le Krohn combine alcool brûlant et bouche bien bouchonnée. La douceur de la bouche du Nogeira et ses saveurs complexes emportent toutes les faveurs de la noble assemblée. C’est un superbe Porto à pleine maturité, doté d’une finale pure et très persistante. Quelques Ramon Aliones, Lusitania et autres Magnum 46 de Partagas affichent une familiarité certaine avec ce dernier.

(**) http://www.champagne-pouillon.com/

(*) prix départ propriété ttc réservé au ADdcN

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