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A quelques jours du marché d’Ampuis, on décide de réviser nos classiques en alignant six dignes représentants de la Côte Rôtie dans le millésime de la décennie (1999). On réunit les plus grands experts de la syrah septentrionale autour de Le Bon Président : Daniel G., Olivier M., Sylvain M., Jean-Luc F., Antoine A., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Starter : canapés au tarama, à l’anguille & au saumon fumés + Anjou Jo Pithon 2006 Les Treilles + Anjou Cyril Le Moing 2006 Les gains de Maligné + Anjou vdt Przezdziecki 2006
Les accords Anjou blanc / saurisserie sont très satisfaisants. On ouvre les hostilités avec le PZ. L’accueil du public est un peu hautain. On lui reproche un peu trop sévèrement - un certain manque de tension, du sucre résiduel et une netteté un peu relative.
On poursuit avec le Le Moing. La proposition semble plus rigoureuse. Le nez fait un poil Layon sec. Mais, la bouche ne relève pas de surmaturité. Elle est tendue, franche et bien nette. Seule une finale légèrement « sucrée » révèle un niveau d’alcool un peu élevé. On clôt les débats avec la version haut de gamme de Jo Pithon. A ce stade, l’élevage demeure très dominant. Certains évoquent une densité trop relative.
Before : risotto milanais au safran et à la moelle + Côte Rôtie Gallet 1999 (14 euros*) + Côte Rôtie Burgaud 1999 (20 euros*)
Le risotto fait ami-ami avec les syrah. Le Gallet est assez pur, bien gouleyant mais affiche une maturité de raisin un peu juste (légères saveurs de poivron). Le Burgaud délivre une bouche plus dense, plus animale, voire pas totalement nette.
Main course : gigot rôti, purée d’ail & purée de céleri aux olives + Côte Rôtie Jasmin 1999 (18 euros*) + Côte Rôtie Guigal 1999 Brune & Blonde + Côte Rôtie Ogier 1999 (21 euros*) + Côte Rôtie Jamet 1999 (26 euros*)
Le gigot est aussi parfumé que fondant. La purée d’ail s’avère un fidèle allié du premier, mais elle va entretenir des rapports plutôt houleux avec les Côte Rôtie. Le Jasmin est honorable : assez pur et équilibré. Mais, sa finale est plutôt brûlante (tartrique). La Brune & Blonde du négoce Guigal assure le service minimum. L’opinion dominante est que nous avons qualitativement affaire à un Saint-Joseph, relativement franc du collier. Cependant, on note étrangement de prégnantes saveurs de caramel.
On refait les niveaux. Avec l’Ogier, on monte sensiblement en gamme. Mais à une bien jolie matière est associé un élevage « chêne massif ». Enfin clôturant les débats avec le Jamet, on monte encore en gamme. C’est la très belle bouteille : nette, dense mais parfaitement équilibrée, complexe, tendue, persistante… Un pur plaisir !
Au final, dans un millésime considéré comme exceptionnel et sur un terroir mythique, le plaisir n’est vraiment au rendez-vous que sur une unique bouteille.
After : galette des rois + Riesling Deiss 1994 Schoenenbourg sgn
Après la répartition rituelle des parts de galette Sylvain M. ayant rejoint sa place, aussi habituelle que naturelle, sous la table on verse le sgn. La bouche révèle des saveurs pétrolées. Le sucre est déjà fortement absorbé et on a affaire plus à un ½ sec qu’un sgn. La carafe est rincée en dix minutes, nombreux criant à l’extase. Mouais
(*) Tarif départ propriété
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