Réunion du 10 novembre 2006 :
du pot-au-feu aux légumes oubliés et des Beaujolais 2003 au tgjp
Vous dirigeriez un complot tentaculaire contre le petit marchand du temple ? On est un peu dilettante sur le sujet, mais on compense par notre mauvais génie. C'est très physique, mais pas seulement ! Gianni fait les jambes & Sylvain la tête.
On est fier de nos poulains. On leur vient en aide, quand ils manquent de créativité ! On avait même envisagé de faire appel aux services de Pierre, notre traître-à-nous ! Mais, pour deux euros, il a refusé. Il est déjà à l'arrache sur un autre dossier !

Avec un léger temps d’avance, on décide en ce vendredi 10 novembre de célébrer, dans l’humilité et le respect, notre Beaujolais à nous : le 2003. Les plus grands experts étant commis d’office, on relève la présence du Bon Président, du GAdlU, de Daniel G., de Marie S., de Philippe C., de Jean-Luc F., de Thien T. et de votre serviteur.


Appetizer : guéméné, chorizo, terrine de joues de boeuf… + Savennières Laureau Bel ouvrage 2001 (11 euros*) & 2002 (11 euros*).

Le détour de Philippe C. à la charcuterie de ce Monsieur Vérot est admiré par tous les membres présents. Les deux Savennières, qui avaient enregistré en toute première jeunesse un succès certain, sont en difficulté. Le 2001 appartient à l’ancienne génération des Anjou, marqués par un peu de botrytis. Il est un peu mou, un peu oxydé et délivre une forte amertume en finale. Le 2002 est plus satisfaisant mais manque aussi de tension. La finale est un peu pâteuse. Malgré un terroir de Savennières qualifié de prestigieux, le chemin devrait être long avant d’approcher la qualité d’un Richard Leroy.


Before : terrine de pieds de cochon à l’huile de noix et aux oignons caramélisés + Morgon Marcel Lapierre 2003 + Beaujolais Vissoux 2003 Vieilles vignes cuvée traditionnelle.

Honneur est rendu au plus noble ami de l’homme. L’accord est très satisfaisant. Le Morgon de Lapierre affiche un nez et une bouche assez incertains. La table est divisée : certains le trouvent surprenant, d’autres repoussant. On passe au Vissoux. C’est une belle bouteille, avec un fruité intense et une matière assez structurée. On est en tout début de carrière.

Avec la foi des premiers croisés, Jean-Luc F. qui a récemment acquis la conviction que les plus grands vins français sont produits au sud du Rhône, nous interroge sur le rendez-vous d’Ampuis 2007. Daniel G. confirme qu’il doit constituer une agréable mise en jambe, avant notre rigoureuse tournée d’inspection des comptabilités à Vin Passion, à Bron, le week-end suivant. Jean-Luc F. pousse son avantage en demandant, s’il est vrai que nous payons, remontons les bouteilles et pouvons même les stocker dans un endroit idoine. Je lui indique que cette passion du service nous a été transmise par notre camarade Gianni P., lui-même formé dans les plus sévères écoles.


Main course : pot-au-feu de cochon aux légumes oubliés + Morgon Jean Foillard 2003 + Moulin-à-vent Vissoux 2003 Rochegrès + Moulin-à-vent Paul Janin 1991 + Mag. Sancerre rouge Lucien Crochet 1995 Prestige.

Le pot-au feu est simplement diabolique et les accords admirables. Commence alors un festival de plaisirs. Le Rochegrès du Vissoux est une sublime bombe de fruit d’une maturité parfaite et d’une pureté sans égale. Son équilibre est royal (matière / fraicheur / alcool). Le Foillard est un léger ton en dessous avec une matière un soupçon plus minérale que fruitée. Le Janin 1991 démontre tout le bénéfice du vieillissement sur pareilles merveilles. Il est assez dense, profond, complexe et finalement très racé. Vraiment sublime. On s’achève avec le Sancerre « d’avant » de Lucien Crochet. Ce sujet est plus élevé que les bouteilles précédentes et la maturité de la matière un peu juste, mais après 11 ans de cave, le résultat demeure impressionnant par son élégance et sa classe. Le niveau du magnum descend en conséquence.

Au final, ces vins du Beaujolais ont délivré à table de bien grands plaisirs, souvent directement comparables à ceux de très prestigieuses appellations – forts coûteuses au demeurant – tout en assurant de remarquables accords.


After : douceur au chocolat et à la nougatine + Porto Taylor’s vintage 1985.

L’accord chocolat / Porto est sans souci. Ce dernier est encore totalement sur le fruit. Il est clairement dans son premier âge et mérite bien dix ans de cave supplémentaires.

(*) tarif départ propriété

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