Réunion du 10 mars 2006 :
Gigot rôti, gratin dauphinois et Hermitage 1998 au TGJP
Je lis que le 25 le petit marchand du temple va aux commissions à Montreuil ? Logique ! Quand on voyage de Bron à Rennes, on fait une halte à Montreuil ! Vas-y ! Fais comme le petit marchand du temple ! Sers-moi une grosse cuillère !
Ca va être chaud. Le G.O.* m'a dit qu'il allait tracter au marché de Montreuil ! J'ai le tract du G.O.* sous les yeux. Il écrit en hongrois et ça coûte 2 euros. 2 euros ! Quel gagne-petit ce G.O.* ! Il va encore rentrer en train-corail !
(*) Gentil Organisateur

Dans l’humilité et le respect qui sied à notre groupuscule, on décide de se soigner en s’attaquant à la production 2004 du nouveau roi du chenin, Richard Leroy, et en achevant notre tournée des délices par quelques Hermitage 1998 bien nés. En ce vendredi 10 mars 2006, la VIP room affiche logiquement complet avec Emmanuel T., Gilles T., Dorothée et Daniel G, Laurent L., Marie S., un bizuth en la personne d’Olivier M. et votre serviteur.


Fait-la-bouche : canapés aux rillettes & canapés à la poutargue + Champagne Larmandier-Bernier Terre de Vertus (22.70 euros*) + Hermitage blanc Faurie 2004.

On amorce la machine au champagne. Fidèle au poste, le Larmandier-Bernier fait fureur. La bulle est fine, la bouche aussi pure qu’aérienne. On verse l’Hermitage et on a un peu l’impression de se poser un peu brutalement en plein bois. La matière est dense, grasse mais surtout très marquée par l’élevage et bien peu rafresh. A revoir, pour certains, à oublier au profit des fabuleux rouges pour d’autres.


Before : risotto au fenouil, au citron et à la badiane + Anjou blanc Richard Leroy 2004 Clos des Rouliers (14 euros*) + Anjou blanc Richard Leroy 2004 Noëls de Montbenault (16 euros*).

Le risotto éveille avec douceur les papilles. L’association du chenin avec les saveurs anisés du plat est très harmonieuse. Les deux blancs de Richard Leroy sont éclatants de pureté, de juste maturité, d’équilibre, de naturel et de fraîcheur (sucre résiduel à zéro). L’élevage est totalement digéré et les vins, bien qu’en début de vie, expriment aisément toutes les qualités de très beaux chenins. Le Clos des Rouliers est préféré par certains pour sa suprême élégance. D’autres, louent la juste densité et la longueur du Montbenault. Face à un millésime plutôt moyen, Richard Leroy** a encore frappé un grand coup démontrant la pertinence de son patient labeur à la vigne et l’intelligence de ses élevages. Sans aucun doute, il s’agit là des plus beaux Loire 2004 et la visite au domaine s’impose à tous avant que d’autres n’aient tout raflé.


Main course : gigot rôti frotté à l’origan et à l’ail & son gratin dauphinois + Hermitage Ferraton 1998 Les Miaux (37 euros*) + Hermitage Colombier 1998 (27 euros) + Hermitage Faurie 1998 (21 euros*) Assemblage + Hermitage Jaboulet 1998 La Chapelle (53 euros*).

Avec le gigot bien saignant, le gratin moelleux et les Hermitage, on est toujours sûr de faire un strike. Une fois chacun servi sous l’œil scrupuleux du Pâtissier, on s’en prend avec énergie au Ferraton et au Colombier. Force est de constater, que le premier est assez décevant. Des notes végétales révèlent une maturité de raisins assez douteuse, renforcées par un élevage musclé. Le vin est de demi-corps, la bouche un peu creuse et la finale asséchante. Le Colombier redresse un peu la situation sans totalement emporter notre conviction. La matière est pure et fraîche. Mais, la densité semble un peu relative pour un Hermitage et l’acidité assez forte. On espère retrouver mieux dans 4/5 ans, mais certains affirment que la bouteille témoigne surtout des limites qualitatives des parcelles exploitées. Y’en a des qui sont drôlement savants au TGJP !

A la demande générale, un deuxième service est derechef mis en œuvre. Ayant habilement sympathisé avec le petit personnel de salle, le Pâtissier s’assure à nouveau d’un énorme morceau de gigot et d’une montagne de gratin. Gilles T., digne représentant de la Faculté, propose de remplacer son sobriquet en un lumineux, « le ténia ». Sur ce, on verse les deux autres Hermitage. Le Faurie propose une matière dense, mais équilibrée et fraîche. Elle délivre des saveurs secondaires et minérales bien appréciables et surtout un plaisir certain. A ce stade, tout n’est pas en place et on doit cependant lui reprocher une petite rusticité, que le temps devrait fondre.

On s’achève avec le La Chapelle. Bien que considéré en relative déshérence durant la décennie, la maison Jaboulet nous procure un bien grand bonheur. La signature de la cuvée est bien là et n’est pas sans rappeler certains jolis 82, 85, 88 ou 91 bus récemment. Le nez est assez expressif. La bouche est plutôt ronde (un poil de sucre résiduel), chaleureuse, un peu plus puissante qu’élégante. La finale commence à se déployer. En 15’ chrono, on est à ground zéro et la tension monte autour de la carafe.


After : fromages + tiramisu + Porto Taylor’s 1988 vintage Quinta de Vargellas.

Orphelin du La Chapelle, on s’attaque dès le fromage au Porto. Bien nous en prend. Il est sublime et en tout début de vie. La bouche est puissante et douce, pure et châleureuse. Inracontable ! On passe aux cigares, Gilles T. présentant avec générosité le fruit de sa dernière rapine barcelonaise. Des Ramon Allones specially selected et double corona sont retenus pour assécher le fond de Porto et enfumer le bizuth, Olivier M. Ce dernier ne bronche pas et parvient même à tacler Laurent L., qui confond Pat Metheny et De Vangelis. Dans ces conditions et avec les félicitations du jury, il gagne sa place en deuxième semaine.

(*) tarif départ propriété

(**) Richard Leroy 52, Grande Rue 49750 Rablay-sur-Layon

Téléphone : 02 41 78 51 84

© www.tgjp.com - 2006 - Humilité & Respect