Réunion du 10 janvier 2004

Réunion du samedi 10 janvier 2004 :
«Languedoc 1998 acte I à la VIP room du TGJP»

Est-ce l’appel du sud ou les frimas de l’hiver ? Enfin, au 1er coup de cloche à 20 :00 en ce samedi 10 janvier 2004, la VIP room du TGJP ouvre ses portes. L’idée est de rédiger à 16 mains, le 1er chapitre de l’histoire des vins du Languedoc : les assemblages relativement traditionnels, en s’attaquant au vénéré millésime 1998. Laurent L., notre Bon Président préside logiquement . Emmanuel T. pose ses coudes sur la table (dans l’espoir d’obtenir des tuyaux sur les vins alsaciens ?). Dorothée et Daniel G. sont venus surtout pour apporter avec moult précautions les trois bouteilles de GVdCF d’une prochaine dégustation. Pierre C. et Super-traître dont le planning est très serré avec un mauvais tour prévu pour minuit, ont souhaité se mettre en condition. Enfin, Marie S. tire les portraits et je bidouille le risotto.

Fais la bouche : Jambon basque, canapés aux rillettes d’oie & gendarmes au cumin + Sancerre Vacheron 2000 (9 euros*) + Sancerre Crochet 1999 Prestige (20 euros*). Le Vacheron, très pur, affiche une réelle vivacité, de la fraîcheur, avec une acidité assez élevée (terroir de silex ?) et des saveurs d’agrumes appréciables. Il divise l’assemblée. Le Crochet dans sa cuvée prestige est beaucoup plus séducteur avec une matière plus dense, des saveurs plus fortes et beaucoup de gras. La finale s’estompe un peu rapidement (le millésime ?) et la « proximité » du Vacheron révèle un certain manque de fraîcheur. Mais, il plait à tous.

Primi piatti : risotto aux cèpes + Montpeyroux Aupilhac 1998 + Vdp Aupilhac 1998 Carignan + Saint-Chinian Navarre 1998 Olivier (10 euros*). Le mariage de l’arborio, des cèpes et des Languedoc le fait assez bien. Le Carignan d’Aupilhac n’a pas de nez mais affiche une bouche très déviante. Il est réorienté vers l’évier. Le Montpeyroux d’Aupilhac, dans sa version regular, est bien fondu, souple, naturel, assez pur et pas très long. Il manque peut-être un peu de caractère et de densité. Le Saint-Chinian de Navarre propose une matière nettement plus dense, plus épicée, plus complexe et des saveurs de zan. Il est encore un peu marqué par l’élevage.
J’interroge les membres du TGJP – tous ADdcN et peu désireux de payer le vin au même prix au domaine et chez les cavistes – sur l’idée révolutionnaire de Patrick S., caviste à Brest qui entend mettre sur pied un circuit de distribution sélectif pour assurer le développement de sa profession. Habituellement peu loquace, Super-traître qui connaît la filière vin comme sa poche, trouve l’idée prodigieuse. Mais, il s’interroge sur le sort à réserver aux vignerons qui vendent en loucedé une partie de leur production à la GD sous la même étiquette ou avec une autre, en France ou à l’étranger. Emmanuel T. animé de forts sentiments chrétiens affirme que c’est dans l’au-delà qu’ils paieront leurs forfaits. Avec Daniel G., on pense qu’il n’est jamais bon de laisser les problèmes en suspens et qu’une corde et un grand chêne peuvent accélérer ce rendez-vous.

Plat de résistance : tendrons de veau à la moutarde & rattes en robe des champs + Montpeyroux Font-Caude 1998 Les Boissières + Minervois-la-Livinière Borie de Maurel 1998 La Féline (10 euros*) + Faugères Barral 1998 Jadis (15 euros*). L’association avec le tendron de veau est bonne mais n’est pas renversante (la moutarde ?). Le Montpeyroux de Font-Caude est assez fondu, fruité, dense, très charmeur et avec un poil de sucrosité qui s’évanouie en cours de repas. On n’est plus très loin de la sur-maturité. Le Minervois de Borie de Maurel appartient à une proche famille. Il évolue lui aussi assez favorablement en cours de repas. Mais et amha, il semble un peu plus fin que le Font-Caude, un poil plus complexe, plus naturel et propose des saveurs secondaires (présence élevée de syrah ?). Toutefois, certains convives préfèrent Le Montpeyroux. Enfin et comme d’hab au TGJP, le Faugères de Barral dans sa version Jadis clôt royalement les débats (bouche et nez). C’est absolument remarquable, fruité, animal, profond…
Sur ce Pierre C. qui a profité d’un moment d’inattention pour se changer, réapparaît en tenue de 1er communiant. Il monte sur sa chaise, non sans manquer de se ramasser et prend laborieusement la parole (je vous la fais courte) : « J’aime tout le monde bla bla bla… Je ne suis pas vraiment un traître bla bla bla… C’est juste que la vie c’est parfois compliquée bla bla bla… Enfin, je promets une belle coupe de GVdCF Franck Pascal gratuite à tous les iacchossiens et autres ADdcN qui franchiront la porte de mon « kebab » du 2, rue des Panoramas Paris II ème avant le 30 juin 2004. » En toute confiance !

From’j, barbe des capucins & dessert : Tarte aux pommes + Quart de Chaumes Les Baumard 1976 + Coteaux de l’Aubance Montgilet 1990 Prestige. Le nez du Baumard paraît assez déviant. Mais, la bouche est superbe. Une partie du sucre est résorbé et l’équilibre est très appréciable. Les saveurs sont fines, complexes et la finale longue. Le Montgilet affiche lui aussi un nez un peu déviant. Il séduit l’assemblée mais dans un tout autre registre que celui du Baumard avec une plus grande expressivité et un équilibre différent.
La suite prend une tournure très pédagogique. Il faut expliquer à Emmanuel T. que le Teanninich 1983 à 58° s’attaque à la cuillière et pas au goulot. Pour le Laphroaig 1990 et Super-Traître, il en va de même mais ce dernier est encore convaincu que cela impressionne vraiment les filles. Rien que du très ordinaire…

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Je me tiens les mains pour ne pas attaquer directos au goulot...
C'est sympa aussi de boire avec un verre...
Daniel G. trouve que la tarte est vraiment nulle...
T'as beau être Super-Traître, on t'aime bien...
Et les traîtres tout-court, vous les aimez aussi ?
Tu examines d'abord la robe du liquoreux...
Puis, tu portes le verre à la bouche...
Jamais, j'aurai la classe du Bon Président...