Réunion du 9 août 2003

Réunion du samedi 9 août 2003 :
«Côtes du Rhône 1999 à la TGJP
pour le retour à l'anglaise du déchu»

La nouvelle a très rapidement fuité : le président-déchu a franchi la frontière à Vintimille et monte vers Paris. Le tocsin retentit à Notre-Dame. La mobilisation générale est décrétée. Gilles T. qui n’a pas hésité a affréter un avion, est déjà présent. Laurent L., notre Le Bon Président arrive ventre-à-terre avec son mérinos sous le bras (l’animal de compagnie fétiche du TGJP). Marie S. et bibi nous acharnons en cuisine non sans avoir dressé une table de gala. Il sonne. C’est lui. Sylvain M., dit le déchu, est parmi nous. Nous faisons le gratte-gratte. Les regards sont fiévreux, moins pour la température qui flirte ce samedi avec les 40°C que d’impatience d’entendre le récit de ses conquêtes transalpines et de pouvoir croiser son regard si doux.

Apéro de grande chaleur : boules de melons et tranches de pastèques + Sancerre Blanc L. Crochet 1997 cuvée du 17 octobre + GVdCF Selosse extra-brut. Ce Sancerre à grande maturité avec force sucre résiduel est totalement étonnant. Les saveurs de sauvignon sont sublimées. Il est pur, dense et affiche une très belle longueur. L’attaque du Selosse fait l’objet des railleries habituelles.
A près un tirage au sort bien truandé, les deux désignés-volontaires souligne la finesse du breuvage, la complexité des saveurs et la qualité de la bulle. Cependant, la simple évocation maladroite du Bera leur arrache de lourds sanglots et un flot de larmes.

Entrée de grande chaleur : caviar d’aubergines & mozzarella + Côtes du Rhônes Blanc Bouches 2002. Ce cdr dans un millésime difficile est absolument remarquable. Le nez est subtil. La bouche est dense, avec un fruité plein de charme et une finale pure et persistante. Il a de quoi en remontrer à nombre de Châteauneuf blancs, dotés de prix 3 à 4 fois supérieurs.
Le déchu amorce alors, dans un silence plein d’humilité et de respect, le récit du début de son stage. Il passe sa journée allongé sur un lit de repos installé sur la terrasse d’une demeure patricienne sur une des sept collines dominant Udine, en mangeant du raisin et en contemplant des nubiles peu farouches qui jouent de la lyre pour le distraire des fortes chaleurs. Gilles T. est scié et exige de suivre dès la rentrée pareille formation.

Plat de grande chaleur : Rôti de bœuf froid, rôti de veau froid, mayonnaise & salade de gnochetti à la tomate + Cdr Rasteau Bressy-Masson 1999 + Cdr La Réméjeanne 1999 Les Eglantiers + Cdr Cairanne Richaud 1999 + Cdr Cairanne Richaud 1999 L’Ebrescade. Le Bressy Masson fait mauvais ménage avec les trois autres cdr. Il fait un peu balourd (la température n’arrange rien…) et affiche des saveurs de brûlé. Les Eglantiers fait l’unanimité par la qualité de sa matière, le luxe de son élevage (boisé vanillé un poil appuyé ?) et son très grand charme. Le trouble naît seulement de la difficulté à localiser en bouche le terroir. De typicité, le Cairanne de Richaud n’en manque pas vraiment. C’est un vrai jus de grenache, très gourmand, parfaitement équilibré et très pur. La cuvée supérieure de Richaud L’Ebrescade fait montre d’une plus grande structure. A ce stade, l’élevage est encore assez présent et la matière un poil fermée. Au final, ces cdr dans un millésime pas trop solaire sont une source intarissable de grand plaisir, pour des tarifs acceptables. J’informe alors mes petits camarades que la lecture estivale de la liste Iacchos s’est montrée riche d’enseignements. Je leur révèle la félonie de ce diable de producteur de rouquin espagnol, le ci-devant Torrès, qui non-content de faire du bon vin avec un excellent rapport qualité/prix se permet de faire du bio sans l’indiquer sur l’étiquette. Le Bon Président s’étrangle en lançant un strident « Où qu’on va ? ». Il souligne en passant la malignité de l’ibère. Je propose de huer de vive voix Victor D.l.S. qui s’est cru autorisé à défendre une attitude aussi veule. Cette manœuvre courageuse du TGJP renforce immédiatement la cohésion du groupe.

From’j et dessert de grande chaleur : soupe de muscat de Hambourg au vin de muscat + Blanes Muscat de Rivesaltes 2001 + Vouvray Clos du Bourg moelleux 1989 1ère trie. Le Rivesaltes du Domaine de Blanes est particulièrement sympathique avec un fruité très pur et un équilibre en sucre assez juste. Le Vouvray boxe bien logiquement dans une autre catégorie. Il a déjà absorbé une bonne partie de ses sucres et fait plutôt penser à un ½ sec. Aux dires de certains, on ne retrouve pas la classe d’un Foreau avec une finale qui tourne court donc un peu décevante.
Le Mérinos se met alors à bêler bruyamment de contentement. Il est fier de pouvoir nous annoncer qu’on va enfin pouvoir déguster à nouveau du cru Barréjat au dessert et que c’est le marchand du temple qui va régaler. Une telle félicité comble l’assemblée de joie. Le déchu, lèche-cul comme à son habitude, souligne la noblesse du geste, et surtout l’humilité et le respect dont le « généreux donateur » témoigne. Le Mérinos se contente de lui rappeler sobrement l’âge de la créance et les règles élémentaires du droit commercial qu’il connaît sur le bout des doigts.

© www.tgjp.com - 2003 - Humilité & Respect

A Udine, on ne boit pas que l'eau. Les filles sont bien élevées et pas trop farouches...
Si je m'asseois à coté de lui et que je suis gentil, il m'emménera peut-être à Udine...
Avec mes miles, je peux descendre tous les week-end à Udine...
On apprend aussi les bonnes manières à Udine...