Réunion du 9 mars 2007 : épaules d'agneau aux épices
& Rhône nord 2005 au tgjp
Vous connaissez la dernière du tgjp ? Gianni et Sylvain exigent d'être invités à la prochaine visite de Cole. Moi, Président, jamais ! Ils parlent un italien de concierge qui n'honorerait pas le tgjp. Je suis d'accord. En plus, on ne va pas faire boire ces deux fils de cosaques dans du Baccarat !
Notez qu'en finance inter-nationale, Gianni a suivi le master "2 euros" à l'institut mercantil-viticole de Bron. Sylvain n'est pas en reste. N'oubliez pas qu'il a été formé chez un champenois qui s'y entend. Vade retro ! Pas question de partager le Porto 1971 avec un type plus jeune que la bouteille.

En ce vendredi 9 mars 2007, la secte, sous l’autorité de Le Bon Président, se réunit pour apprécier quelques Rhône nord 2005. Ils ont été acquis de fraîche date aux marchés d’Ampuis et de Tain (avec l’aide d’un « assistant » compétent). On affiche bien sûr complet avec LBP himself, Emmanuel T., Jean-Luc F., Philippe C., Marie-Sabine G., Daniel G., Didier C. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).


Appetizer : Coppa, figatelli, chorizo, saucisse sèche… + Sancerre Pascal Cotat 2004 Monts Damnés + Sancerre François Cotat 2004 Monts Damnés.

La charcuterie arrive directement pour partie des hautes-Pyrénées, pour partie du Salon de l’Agriculture, et nul n’y trouve rien à redire. Pour en revenir aux vins, l’idée est de tenter de distinguer le winemaking des deux cousins. Même terroir, même millésime. Les enseignements sont nombreux et je les livre en vrac. 2004 a bien évolué (les dégustations au domaine nécessitaient d’avoir la foi du charbonnier !). Ce style de vin demeure totalement introuvable à Sancerre (sauf chez Edmond Vatan bien sûr). C’est pur, aérien, très frais voir incisif, et finalement assez persistant. Pascal se distingue par une notable présence de sucre résiduel, François par sa minéralité. Y’en a pour tout les goûts !


Before : risotto aux légumes d’hiver et au lard + Saint-Joseph E. Barou 2005 (10 euros*) + Saint-Joseph Gouye 2005 (10 euros*).

Le risotto associe lard, carottes, panais et navets. L’accord avec les syrah du nord est satisfaisant. Le Barou offre une bouche assez large mais manquant un peu de définition, arrondie un peu artificiellement par l’élevage. Le Gouye est plus droit et plus pur. En revanche, on note un caractère un peu végétal voire astringeant, que la dégustation à Tain n’avait pas du tout laissé apparaître. Certains plaident pour un problème de bouteille, d’autres un manque de chair. A revoir.


Main course : épaules d’agneau aux épices + Saint-Joseph Gonon 2005 (14 euros*) + Côte Rôtie Burgaud 2005 (22 euros*) + Hermitage Faurie 2005 Greffieux/Bessard (25 euros*) + Hermitage Faurie 2005 Bessard/Méal (30 euros*).

Les épices de l’épaule d’agneau sont un peu les Ganelon de l’affaire. On commence avec le Gonon. Il est dense, assez disponible, assez authentique, mais sans plus. On est quand même un peu déçu. On poursuit avec le Burgaud. L’élevage est plus manifeste, mais devrait se fondre aisément. Fidèle au canon du genre, la matière est un peu animale. C’est nettement plus racé et plus complexe. A attendre, « en toute confiance » !

On dépèce la seconde épaule et on verse les deux Hermitage. Comme à chaque fois qu’on sert les vins de Bernard Faurie au tgjp, le truisme fuse : « y’a du vin, là-dedans ! ». C’est une version un peu sudiste du Rhône nord : expressive, puissante, bien structurée et superbement équilibrée (parfaite fraicheur et sans aucune acidité mordante). Le Greffieux/Bessard est déjà très disponible, mais devrait faire de vieux os. Le Bessard/Méal (une version spéciale pour 2005) est encore un peu sur sa réserve mais affiche déjà un fond exceptionnel. On a clairement affaire à deux très grands vins, issus d’un très grand terroir ! (à un tarif qui devrait faire réfléchir les amateurs de primeurs bordelais et autres petites fantaisies bourguignonnes)


After : plateau de chèvre + Baba au rhum + Sherry Lustau East India Solera + Madère Henriques Bual 10 years.

Le baba au rhum est accueilli avec respect. Les deux gnoles sont des curiosités au tgjp. Certains affectionnent le Sherry pour sa pureté, ses saveurs de noix (oxydées) et son joli fruit. D’autres, louent le caractère plus rafresh du Madère. Bon, l’absence de Gilles T., de ses vieux flacons millésimés du Douro et de ses bâtons de chaise est nettement insupportable.

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