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De passage à la capitale, Jean-Baptiste Senat décide d’assurer de sa royale présence le TGJP. Pour honorer son geste, les vins les plus fins de Châteauneuf-du-Pape lui sont présentés, en l’espèce des cuvées du Papet du Clos Mont-Olivet. Avec un pareil tandem, on affiche bien sûr complet : Jean-Baptiste S. himself, Daniel G., Philippe C., Emmanuel T., Gilles T., Olivier M., Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Fait-la-bouche : San Daniele, rillettes de canard et saucisson + Savennières Morgat 2003 L’Enclos + Minervois Jean-Baptiste Senat 2005 Mais où est donc Ornicar ? (10 euros*).
L’affaire démarre au mieux avec un plateau de charcuterie méga-top-slurp. On s’essaye au Morgat. Pas longtemps. La totalité des présents le trouve à ce stade très très boisé et bien peu rafresh. On passe sans désemparer à l’Ornicar dernière génération. Miam-miam, c’est un très joli vin : du fruit, de belles saveurs, de la fraîcheur et de l’équilibre. Le temps de touiller un peu le risotto et la bouteille est déjà totalement rincée.
Before : risotto au safran et à la moelle + Minervois Jean-Baptiste Senat 1999 L’enclos de l’âne + Minervois Jean-Baptiste Senat 2004 Bois des Merveilles (15 euros*).
La moelle éveille chez tous les participants les sentiments les plus amicaux à l’endroit de Marie S. et éclipse la performance «incroyablement-exceptionnelle» du cuisinier. L’enclos de l’âne, cuvée qui n’est plus produite au domaine, affiche un nez et des saveurs agréablement évolués. C’est du très dense, très mûr, un peu démonstratif mais finalement assez classieux. Le style fait un peu années 90 et on peut lui reprocher en conséquence un léger manque de fraîcheur (accentuer sans doute par le safran). On verse le Bois des Merveilles 2004 en version brut de cuve. A ce stade, le fruit est explosif, la matière impeccable et l’équilibre appréciable. Très beau vin du sud.
Main course : gigot en gasconnade, purée de pommes de terre et purée d’ail frais + Châteauneuf-du-Pape Clos du Mont-Olivet cuvée du Papet 1998 (26 euros*), 2000 (30.50 euros*), 2003 (31 euros*) & 2004.
Les assiettes débordantes de gigot et de purée d’ail, un silence religieux s’installe autour de la table. Sans surprise, la « buvaison » des 4 cuvées du Papet est révélatrice tant de ses qualités intrinsèques, que des paramètres propres à chaque millésime (pas d’effet de lisage). Cette cuvée dont l’assemblage peut varier selon les millésimes (jusqu’à 40% de syrah/mourvèdre), propose une très belle expression de Châteauneuf. Elle associe dans le désordre de la race, de la fraîcheur, de l’élégance, un certain naturel et de la profondeur (pas démonstrative). En clair, la rencontre entre un beau terroir et un savoir-faire certain. Douteuse, la bouteille de 1998 est écartée. Le 2004, brut de cuve, brille par sa fraîcheur. Les 2000 et 2003 sont les plus solaires.
After : Plateau de fromages nordistes & tarte sablée au chocolat amer logotypée + Porto Warres Quinta da Cavadinha 1987 vintage.
Le plateau de fromages, puissamment odorant, réunit les plus grands : un Maroilles, un Vieux-Lille, une boulette d’Avesnes et un pavé de Wissant. Philippe C. a fait très fort et même Jean-Baptiste S. qui faisait un peu son nareux, s’attaque avec ardeur à la chose. L’association tarte au chocolat amer et Porto est royale. Le Warres est en tout début de vie. Il affiche un superbe fruité, très pur mais dissimule encore ses saveurs secondaires. Certains se terminent avec des Ramon Allones, d’autres du whisky à 60° ou du Calva, enfin d’autres cumulent le tout.
(*) tarif départ propriété
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