Réunion du 7 octobre 2005 :
Le TGJP de retour sur la rive gauche du Bordeaux 1995 (acte 3)
Dites les amis, cela fait plusieurs dîners qu'on manque de filles ! Y'a un loup ! C'est juste qu'Agnès profite des absences de Gilles, pour effectuer un petit inventaire de la cave, et que c'est assez long. Pour Dorothée, je lui ai discrètement prescrit les sachets magiques et elle en avait drôlement besoin.
Et Corinne A. et Thien T., il parait qu'elles arpentent la rue Gay-Lussac, mais qu'il ne faut pas le dire, sinon Doudou va encore se prendre une chasse. Quant à Odile T., elle est partie récupérér son trophée aux journées de la HPF, de peur qu'Emmanuel ne se l'approprie ! Bande de nifs ! Vendredi, c'est la Star Ac et elles sont méga-fans. Dès janvier, elles ne feront plus la fine bouche sur le Margaux et le Latour !
Après le 2ème acte et avant le 4ème, on joue logiquement le 3ème. Nous voilà donc réunis en ce vendredi 7 octobre 2005 à la VIP room pour tenter d’apprécier les accords entre un bon gigot et quelques flacons de Bordeaux rive gauche du millésime 1995. On joue à guichet fermé sous la conduite de Le Bon Président, de notre expert en piscine couverte et en bouteille à plus de 200 euros Gilles T., de Daniel G., de Jean-Luc F. qui fait une courte halte entre deux voyages extrême-orientaux, de l’élégant Philippe C., de Pierre C. restaurateur de la rue Gay-Lussac, de Marie S. et de bibi (votre iacchosien préféré, Pierre-Alain B.).

Fait-la-bouche : canapés aux deux taramas, miettes & copeaux de Bayonne affiné + Champagne Larmandier-Bernier** Terre de Vertus (22.70 euros*) & PC 1998 (26 euros*) + Graves Chantegrive 1995 cuvée Caroline. L’association taramas/champagne est émouvante. Comme la semaine précédente, tous les membres présents louent les qualités remarquables du Larmendier-Bernier. Certains sont plus séduits par le naturel et la pureté du Terre de Vertus, d’autres préfèrent le caractère un peu plus riche du millésimé.

D’authentiques masochistes tentent l’aventure avec le Graves. Dix ans après sa vendange, il fleure toujours bon le merrain, le merrain et le merrain. Encore un vigneron animé de la foi du charpentier !

Primi piatti : risotto aux cèpes et à la pancetta + Margaux Kirwan 1995 + Saint-Estèphe Haut-Marbuzet 1995. Le risotto aux cèpes est mal accueilli, les dits cèpes manquant outrageusement de nez et de saveurs. La larme à l’œil, Philippe C. évoque les dix kilos de cèpes du Périgord qu’il a été forcé de jeter, son congélateur totalement plein. D’un simple jeu de sourcil, Le Bon Président lui fait comprendre qu’il frôle les mines-de-sel. La cloche retentit et on attaque avec le Kirwan. Il a pour partie absorbé son boisé « à la Rolland ». Il révèle maintenant une matière à la maturité assez incertaine et déçoit clairement.

On passe au Haut-Marbuzet. S’il est clairement supérieur au Kirwan, d’aucuns le jugent râpeux. D’autres affirment qu’il est déjà sur la pente fatale. 2ème déception qui ne gâche pas la bonne rigolade générale car avec le Bordeaux, on s’attend à tout.

Plat de résistance : Gigot rôti & gratin dauphinois + Haut-Médoc Sociando-Mallet 1995 + Graves Pape-Clément 1995 + Margaux 1995 + Pauillac Latour 1995 + Pauillac Lynch-Bages 1995. L’association gigot rôti/bdx est assez imparable. Le Sociando-Mallet est superbe. Voilà un très beau Bordeaux. Le boisé est fondu. La matière est dense, équilibrée et fraîche. Il affiche une belle structure, une pointe d’austérité plutôt altière, un caractère relativement minéral. Le plaisir est vraiment là et pour longtemps.

Le Pape-Clément compte aussi de nombreux adeptes. Il est aussi dense mais plus rond que le précédent et diffuse de très jolies saveurs « fumées ». Toutefois, son équilibre paraît moins satisfaisant que celui du Sociando-Mallet.

Pierre C. ravitaille en vol toutes les assiettes et démontre un savoir-faire dans le service tout simplement prodigieux. Le Bon Président propose à Gilles T. d’en faire son butler. On verse le Margaux. Le nez est assez discret. La matière est dense, soyeuse et assez expressive. La persistance en bouche est impressionnante. Le Bon Président, expert en vin du sud-ouest, nous indique qu’il est encore dans sa prime jeunesse (le vin bien sûr) et « qu’il sera vraiment super dans 20 à 30 ans » (sic). Daniel G. lui indique apprécier les lendemains qui chantent mais craint ne pas être encore vraiment super dans 20 à 30 ans. Vraiment aucune classe ce Daniel G. !

On goûte le Latour. Tout un chacun apprécie le breuvage et y va de son petit commentaire, considérant qu’à l’exception de Gilles T., nul autour de la table ne boit du Latour quotidiennement, assis sur un fauteuil en teck, face à sa piscine. L’un lui trouve des arômes d’agrumes, l’autre une densité un peu faible, le troisième une acidité un peu pointue. Comme je suis plutôt bon camarade, j’avoue avoir versé dans la carafe non le breuvage sus-dit mais un Irouléguy du Domaine Ilarria*** 1995 cuvée Bixintxo fourni par un basquo-arménien sans scrupule. On rigole un bon coup et on trouve que ce Monsieur Espil ne manque pas de talents.

On s’en jette un dernier avec le Lynch-Bages. Il est assez indéfinissable. La matière est très très ronde et plutôt dissociée, la finale courte. Nette déception, que deux plaisanteries salaces que Jean-Luc F. est enfin parvenu à se remémorer, atténuent sensiblement.

Fromages & desserts : Mondrian aux agrumes & merveille moussue au chocolat + Barsac Climens 1995 + Lowland Rosebank 1991 (60°). En l’absence des Pâtissiers invités d’honneur des Journées de la Haute Pâtisserie Française à la Grande Halle de La Défense (ça sert d’être au TGJP), Philippe C. tente un coup de Jarnac et place pas moins de deux jolis desserts sur la table. L’association Mondrian/Barsac est parfaite, mais le Climens s’avère très décevant. La densité n’est pas son fort. L’acidité est du même tonneau. Peut-être un problème de bouteille ou de conservation ? Pour le chocolat, Philippe C. a prévu une fiole de pur malt version single cask non réduit (60°). On fait circuler les cigares et la soirée prend vraiment son envol.

(**) Champagne Larmandier-Bernier 43, rue du 28 aout 51130 VERTUS

Tél : 03.26.52.13.24 ou 03.26.52.11.43
(***) Domaine Ilarria 64240 Irouléguy
05 59 37 23 38 Au Coeur du village, suivre les panneaux

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