Réunion du 7 mail 2004

Réunion du 7 mai 2004 :
Reliques de Châteauneuf-du-Pâpe à la VIP room

En ce vendredi 7 mai 2004, lassé de voir le TGJP accusé gratuitement d’infanticide, Daniel G. accompagné de Dorothée – qui en principe le raisonne – décide de se présenter à la VIP room du TGJP, pour y frapper un grand coup. Dès qu’il s’agit d’action, on peut compter sur Odile et Emmanuel T. On s’adjoint « au cas où » les services d’un membre de la Faculté en la personne de Gilles T. Enfin comme pour bien combattre, il faut aussi être bien renseigné, Pierre C.-le-traître agent double au service du Bon Président, est de la partie.

Petit apéritif : canapés au speck et aux rillettes + Ortillette (boisson pétillante, tonique et rafraîchissante à base de feuilles d’orties). Odile T. brûle de tremper ses lèvres dans ce breuvage magique. Une gorgée plus tard, elle admet piteusement qu’il s’agit d’une boisson pour spécialistes. Elle joint alors sa voix au cortège des scrogneugneu, guidés comme il se doit par Pierre C., pour exiger un Bera bien frais, voir même un Bertrand des Marnières. Je leur indique que notre fournisseur des caves Legrand à Issy-les-Moulineaux a déréférencé ce GVdCF et qu’il va nous falloir attendre début juin l’arrivée de nos amis belges.

Entrée : risotto au citron & à la menthe + Sancerre Blanc Lucien Crochet 1999 Prestige + Gewurztraminer Zind Humbrecht 1993 Heimburg. Le Sancerre, pourtant issu d’un millésime disgracieux, paraît séduire l’assemblée. Il est d’un genre « moderne » (très/trop élevé ?), assez expressif, gras et doté d’une acidité plutôt basse. Surtout, l’association avec le risotto est assez appréciable. La tablée reproche au Gewurztraminer, un relatif manque de définition et surtout une finale bien fuyante, pour un produit de si haute lignée.
Il s’en suit alors une longue séance de formation auprès d’Emmanuel T. – Daniel G. fait des ombres chinoises et Gilles T. plaque là-dessus un commentaire édifiant – pour tenter de lui faire assimiler les premiers rudiments du vignoble alsacien. Ce n’est clairement pas gagné !

Plat de résistance : Gigot d’agneau rôti, sa purée d’ail frais & son gratin de pommes de terre + vieux Châteauneuf-du-Pâpe. C’est la fête au village et l’association miam-miam/glouglou est parfaite. Daniel G. a fait ses meilleurs efforts pour retrouver dans une cache secrète de sa cave, un lot de Cdp qu’il affirme avoir entreposé avant de partir sauter sur Diên-Biên-Phù. Logiquement, on commence par deux bouteilles aux étiquettes très fatiguées à priori des années 60. Assez chaud, Daniel G. chamboule toute la table pour reconstituer le plan de « la cuvette » avec ce qui lui tombe sous la main. La première bouteille provient d’un nommé Jarousse – négociant – l’autre d’un nommé Arnaint SM – viticulteur. La première présente un nez assez incertain, voir déviant, mais la bouche est appréciée par certains. La seconde est plus amène, avec de jolies saveurs, bien qu’assez fanées, de grenache. On poursuit sans désemparer, avec un 1970 des Bérard Père & Fils. Daniel G. est parvenu à ce stade de son récit très personnel, à la chute de Béatrice, Gabrielle et Isabelle (en conséquence, il a retiré de la table la salière, le poivrier et la panière). Il n’est pas net et sent la vieille cave (le vin, bien sûr). Son compagnon d’infortune, un Mas Saint-Louis 1975 totalement lessivé, est resté en rade en cuisine pour ne pas gâcher la soirée. Notre voyage dans le temps se poursuit avec un Vaudieu 1959 et un Clos des Papes 1979. A la nuit tombée, Daniel G. annonce qu’il vient de reprendre Huguette, ce qui nous autorise à replacer le plat à gratin sur la table, à la plus grande joie des convives qui frôlent l’inanition. Le Vaudieu est dans une forme étonnante, à l’instar de Daniel G. qui bombe le torse. La matière est fine, un poil éventée mais affiche encore beaucoup de charme. La finale est assez faible. Enfin et alors que Daniel G. affirmant que les viets sont à moins de 10 mètres de la VIP room, fait mine de détruire le lecteur CD qu’il assimile à un poste radio et planque ses couverts sous la nappe, on sert le Clos des Papes. Il est en pleine forme avec une matière dense, encore assez serrée (signe d’un millésime moyen moins ?), mais affiche des saveurs un peu tassées. Dorothée G. remue sa serviette blanche et signifie à Daniel G. que l’heure est venue d’arrêter les conneries.

From’j & dessert : gâteau au chocolat + Rivesaltes Cazes 1998 Grenat. Avant même que tous les convives soient servis, Odile T. commence une laborieuse explication sur l’élaboration incroyablement complexe de ce gâteau et Emmanuel T. souligne qu’il a même fallu s’y remettre à deux fois. A ce stade, le Cazes est assez massif, un poil agressif et loin d’être fondu. Amha, c’est quand même assez sympa. L’accord paraît à certains professionnels du TGJP, moins convaincant qu’avec un bon Maury de l’inventeur du surgelé. L’heure de philosopher a sonné. Gilles T., tout secoué par le récit épique de Daniel G., exige une cigarette pour se refaire mais renonce curieusement à la vue du paquet de Camel que Marie S. lui tend. Au final, on convient que si le grenache vieilli plutôt bien, les voyages dans le temps ne sont pas sans péril.

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Avec tout le mal que tu te donnes, moi je trouve que c'est bien mérité...
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