Réunion du 7 mars 2003

Réunion du vendredi 7 mars 2003 :
«Gourt de Mautens & riesling volants au TGJP»

Animés du souvenir encore vivace de la pantalonnade des p’tits loire du précédent week-end (j’ai été interdit de cr… c’est dire…), ils sont venus, ils sont tous là dès qu'ils ont entendu ce cri : Goooouuurrrrt de Mmmmmautens. Ils sont venus, ils sont tous là, même ceux du sud de Paris (les Corinne & Didier) et de l’est (Daniel G.). Y a même Sylvain M., le président-déchu, avec des Gris de Toul plein les bras. Et comme on est au donjon du TGJP, on s’est invité avec la Photographe Officielle. Curieusement, le Body Guard et le Conseiller Secret se sont fait porter pâle de conserve. C’est plus tard dans la soirée que nous avons compris leur misérable attitude…

Apéro : Saucissonnade du père Daniel, Andouille de guéméné coupée bien fine et pruneaux au lard et au speck bien grillés + Rasteau Gourt de Mautens 2001 blanc + idem 2000 blanc. La qualité de l’association est inversement proportionnelle à la soif du Sylvain M. Toutefois, le liquide est d’une qualité exceptionnelle. Grosso modo, la richesse d’un vin du sud (gras, floral…) avec la tension d’un Loire (acidité, pureté…). En 30’, les deux bouteilles sont raides. Le président-déchu a pris des couleurs et beugle : «Humilité & Respect pour Jérôme Bressy», «Typicité pour le Gris de Toul» et «Libérez la prune».

Premier plat : Risotto au safran + Rasteau Gourt de Mautens 2001 rouge. Le risotto est réalisé à titre exceptionnel avec du Vialone (Gianni P. avait pourtant été clair : hors du Canaroli, point de salut !). Amis du risotto et c’est un conseil gratuit, il faut écouter Gianni P. (on peut quand même tenter l’Arborio). Le rouge 2001 est d’un assez bel équilibre. La matière est superbe, très fruitée, assez soyeuse et très nette. A ce stade, il est logiquement un poil monolithique mais la promesse est très belle. Avec encore une bouchée de risotto dans la bouche, Corinne A. fond brutalement en larmes. J’interroge Daniel G. sur le régime des mines de sel et il me confirme d’un ton patelin qu’avec sa copine Thien, ça a plutôt l’air de leur réussir même si elles trouvent la note salée pour un petit retard. Corinne reprend un peu ses esprits et explique qu’elle aurait tant voulu associer à ce risotto la minéralité de ses chers riesling alsaciens, mais qu’ayant traité avec un intermédiaire fâché avec la comptabilité et le droit civil, les riesling étaient promis pour les calendes grecques. Je l’a rassérène en lui indiquant que les origines basquo-arméniennes de Daniel G. – son homme de main à elle personnellement – faisait de lui un individu opiniâtre, rude à la tâche et doté d’un brillant esprit procédurier pour ramener dans le droit chemin pareil marchand du temple.

Second plat : Gigot d’agneau & gratin dauphinois + Rasteau Gourt de Mautens 2000 rouge magnum + idem 1999 rouge. Le GDM coule à flot. Le 1999 semble bien l’aîné du 2001. Un poil plus puissant, toujours très net mais avec une pointe de rusticité plutôt sympathique et l’amorce d’une profondeur et d’une complexité certaines. Le 2000 souffre un peu de la comparaison avec à ce stade une certaine astringence et un petit manque d’équilibre (millésime très solaire et très très puissant ?). Pour finir sur le GDM, c’est vraiment superbe, dans un genre très expressif, et on note bien comme l’explique les livres savants, une certaine progression qualitative avec les millésimes (plus de saveurs confiturés, moins de bois neuf). Sur ce, Le président-déchu, toujours très au fait des affaires délicates, s’étonne perfidement du manque de réaction devant le pullulement des TGJ-province, TGJ-brestois, TGJ-bruxellois (plus de nouvelles du Roi ?) et autres ½ TGJP. Ca très clairement le demi, ça le fait pas. Daniel G. s’emporte en affirmant qu’il ne saurait y avoir de demi-humilité, de quart-de-respect ou de huitième-de-typicité. Je prend la tablée à témoin en affirmant avec éloquence qu’il n’y a pas de liberté pour les ennemis(es) de la liberté, que le liberté opprime et que les mines de sel du TGJP libère… On est chaud-bouillant. Quand, tout à trac, le téléphone sonne. C’est le Body Guard avec en toile de fond le rire sardonique du Conseiller secret en vaudou (deux Lazare ?). Il nous informe que devant la montée d’un tel péril – les ersatz de TGJP et l’absence de réactions de Le Nouveau Président – il prend autoritairement en main les rênes du TGJP à partir de dorénavant, jusqu’à désormais et même pour la vie entière. Face à pareille audace, nous décidons courageusement de porter un toast à celui que l’on appelle maintenant avec Humilité & Respect : Le Vrai Président. Le président-déchu m’arrache le téléphone des mains pour obtenir de Le Vrai Président, son plat de lentilles pour services rendus (c’est à ni rien comprendre). Pour la nouvelle hiérarchie, cliquez "hiérarchie" et pour la photo officielle de Le Vrai Président "Présidence".

Fromj’ & dessert : Tarte tatin façon Corinne (top méga délicieuse) + Noble One 1998 (un australien à base de sémillon) + Coteaux du Layon Les Sablonnettes 1997 Noblesse. L’australien empeste le souffre. Le Sablonnettes est nettement plus appréciable avec un bel équilibre sucre/adidité et une finale bien pure. Cependant, les premiers effets du GDM commencent à se faire sentir (14° sur l’étiquette qui doivent plutôt ressembler à un vrai 16°) et l’heure d’un petit repos récupérateur sonne bruyamment. La suite est faite de scènes navrantes : le président-déchu tente de s’introduire dans ma couche, Didier C. repeint la cuisine avec la machine à crème chantilly qui s’est subitement décidée à fonctionner, Daniel G. fait fumer des trucs pas clairs à MS et Corinne se remet à pleurer ses très chers Riesling…

© www.tgjp.com - 2003 - Humilité & Respect

Une p'tite dînette bien arrosée...
Gianni, tu écouteras...
Snif, snif, ça ne remplacera jamais mes riesling...
Ne t'inquiète pas Corinne, j'en connais un rayon en vaudou...
C'est combien pour sortir des mines de sel ?
On ne peut même pas roupiller tranquille...
Ca va nous faire des chouettes pieds de lampe...