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Réunion du 6 mars 2004 :
«Douceurs alsaciennes au TGJP»
N’ayant manifestement toujours par compris qu’il n’est de grand vin que de grenache, Odile & Emmanuel T. accueillent, en ce samedi 6 mars 2004, quelques français de l’intérieur, triés sur le volet. L’idée est de virer au TGJAdlRD soit le Très Grand Jury Alsacien de la Rive Droite, en ouvrant un certain nombre de blancs bien nés. Laurent L. notre Bon Président, Daniel G., Marie S. et bibi sont donc aimablement conviés. Incapable d’aligner plus de deux phrases en patois de la vallée de Bruche, Pierre C. préfère s’abstenir et mettre une sérieuse correction à son aîné sur Gran Turismo 2.
Zakouski : petit cake aux petites olives et au jambon fumé + Riesling Marc Tempé Burgreben 1999 (13.5 euros*) + Pinot Blanc Barmès Buecher Rosenberg 2000 (9.15 euros*). Le Riesling de Tempé est doté d’un nez qui pétrole un peu et affiche une belle matière assez dense. A ce stade de son évolution, on peut lui reprocher peut-être un certain manque de tension et une finale un peu fuyante. En comparaison, le Pinot Blanc paraît plus subtil et méga charmeur. Il offre un beau fruité et une finale qui s’allonge au fur et à mesure de son ouverture.
Entrée : petit parfait de saumon sauvage d’Irlande aux artichauts sur un lit de tomates aux aromates + Riesling Alfred Boxler 2001 (7.6 euros*) + Riesling Barmès Buecher GC Hengst 2001 (22 euros*). C’est le cas de le dire ; l’association est parfaite et le miam-miam bien goûteux (Odile T. a refusé de fournir l’adresse du traiteur…). Le Boxler dans sa version regular est totalement net, gras, doux et très très charmeur. Un rapport qualité/prix diabolique. Le GC de Barmès nous emmène logiquement plus loin avec surtout un équilibre différent dominé par une plus grande structure (plus d’acidité et moins de sucre résiduel). C’est droit, classieux, fin, même si à ce stade, il ne donne pas encore toute sa mesure.
Odile T. qui découvre la liste Iacchos en lisant au dessus de l’épaule d’Emmanuel T., s’étonne du contenu de certains mails. Avec pédagogie en présentant les paumes blanches de ses mains Daniel G. illustre la différence entre un vigneron et un investisseur. Pour ma part, je lui fais doctement la leçon sur le distingo entre un amateur et un marchand du temple. Enfin et avec subtilité, Laurent L. lui rappelle que l’anathème jeté de façon systématique sur le corps médical, la grande distribution, l’administration, etc… fait malheureusement le miel d’esprits un peu tourmentés.
Plat de résistance : Filet mignon au lard paysan et au munster en croûte & son microscopique gratin de pommes de terre au munster. Riesling Albert Boxler GC Sommerberg L31JV (jeunes vignes) 2002 (11 euros*) + Riesling Albert Boxler GC Sommerberg L31 2002 (15 euros). Ces dernières semaines, le truc-bidule en croûte est très tendance au TGJP. En l’espèce, c’est très réussi avec plein de saveurs sans le coté «m’as-tu-vu- ?» de la cuisine à la sauce Fontenay. En plus, c’est découpé avec élégance et ça nous change des pratiques barbares (tenez-vous le pour dit dans le neuf-deux !). L’association avec le liquide est encore parfaite. Les deux Riesling ont en commun leur jeunesse, avec une pointe de CO2 plutôt rafraîchissante, une grande netteté tant au nez qu’en bouche et une certaine douceur. Le L31 offre une bouche un peu plus mûre alors que JV est à ce stade un poil dissocié. En gros, ça renarde fort l’infanticide. En plus de cela et pour renforcer la clarté de notre analyse, Le Pâtissier nous ressert le contenu de précédentes bouteilles. Le Bon Président en profite pour s’enquérir grossièrement auprès du maître de maison de l’absence de rouquin. Je n’entends pas la réponse car Daniel G. a commencé à raconter sa dégustation de Mordorée 2002 au CGA et fait mine d’arracher les lames du parquet en chêne du salon pour illustrer son propos.
From’j, salade & dessert : Munster nature et au Gewurzt + tarte aux quetsches + Marc de Gewurztraminer de Aimé Stentz (45°) + Riesling Alfred Boxler GC Sommerberg VT 2000 (13 euros) en 50cl. A ce stade, on ne se méfie pas car les esprits sont déjà assez sérieusement embrumés. Mais le sourire vicieux et vindicatif du Pâtissier en dit long sur la vilenie de son projet. Le Marc, tiré à la dernière minute de sa boîte à malices, affiche accessoirement de fines saveurs de Gewurtz et principalement un bon caractère de vitriol, genre « tu ne feras pas ton intéressant au réveil ». Le Riesling version VT surprend un peu avec un niveau de sucre un peu faible pour la tarte top méga slurp qui ne fait qu’asseoir le titre officiel de son auteur qui en couvre les saveurs.
Au final, ce petit voyage dans l’Alsace du 12ème arrondissement, s’avère des plus passionnants. Le macaron est attribué d’office à la Tardieu Company, même si une 2ème inspection s’impose d’ores et déjà. Pour les vins, on a affaire à de superbes blancs, parfaitement nets, aux saveurs variées et très charmeuses. Paradoxalement, le sucre résiduel assure de très belles associations, nettement plus sûres qu’avec du rouquin. Enfin, le rapport qualité/prix est remarquable.
(*) tarif départ propriété
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