Une fois l’an, c’est la grande messe au TGJP. On communie par télépathie avec Jérôme Bressy en s’envoyant de grandes rasades de Gourt de Mautens. Pour ce faire, y’a pas besoin de convocation : il faut juste appliquer un strict numerus clausus. Ainsi et en ce vendredi 6 février 2004, Daniel G. et Laurent L. franchissent la porte dès 20 :15 pour s’assurer des meilleures places. Odile & Emmanuel T. profitent de l’occasion pour s’infiltrer et s’enchaînent aux pieds de la table. Enfin, Corinne A. et Didier T. flirtent comme à leur habitude avec les MDS. Super-traître et Pierre C., qui passaient par là par hasard et auraient vu de la lumière, sont purement et simplement refoulés comme des malpropres.
Fais la bouche : radis noir à la croque au sel & canapés aux rillettes d’oie + Anjou blanc Jo Pithon 2001 Bergères + Rasteau blanc Gourt de Mautens 2001 (26 euros*). L’anjou paraît relever d’une année difficile et n’est pas complètement net. A ce stade, il affiche un assez beau fruité et une forte astringence (élevage ou cépage ?). On est un peu loin de la qualité de la production de Richard Leroy. Le Rasteau challenge sévère. Il est fruité mais pas trop, gras, pur, sans aucune lourdeur et long en bouche. C’est vraiment superbe, très certainement un des plus beaux blancs du sud et, en ce sens, directement comparable en qualité à un Beaucastel vieilles vignes.
Corinne A., qui n’a jamais appris à lire, m’interroge tout à trac au sujet du salon Vinum Nostrum** organisé par Senat & Co en marge de Vinisud le mardi 17 février 2004. Je lui indique que la liste des vignerons est éloquente avec la présence de stars incontournables comme Thierry Sabon, Maxime Magnon, Agnès Henry, Jean-Baptiste Senat, Philippe Cambie, François des Ligneris, etc… et de nombreux wanabee triés sur le volet. Laurent L. et Daniel G. se signent avec ferveur et lui signifient ce dont elle est déjà assez convaincue que son absence serait constitutive d’un péché mortel.
Entrée : risotto aux légumes d’hiver (carottes, navets, rutabagas, céleri & poireaux) + Rasteau rouge Gourt de Mautens 1999 (18 euros*) & 2001 (24 euros*). L’assocation avec les légumes assez goûteux du risotto est très satisfaisante. Ces deux millésimes sont marqués par une fraîcheur bienvenue, un fruité remarquable et une belle précision. Le 1999 affiche une certaine profondeur, des saveurs épicées et une grande pureté. Le 2001 est soyeux mais encore un poil fermé (carafé trois heures).
Plat de résistance : rouelle de porc aux pommes de terre + Rasteau rouge Gourt de Mautens 1998 (16 euros*) & 2000 (20 euros*). L’association est bonne mais les vins peuvent parfaitement supporter une cuisine nettement plus solide. Le 1998 est encore très sauvage et le nez un poil animal, ce qui ne manque pas de séduire l’assemblée (carafé le matin sur instruction de Jérôme Bressy). C’est un bloc avec une forte extraction, mais après une petite aération dans le verre, on est séduit tant par la puissance que par une réelle complexité et l’émergence de saveurs secondaires. A ce stade, le 2000 est un peu moins convaincant avec un relatif manque de fraîcheur et reste encore marqué par l’élevage. Au final, la production du Gourt de Mautens tant en rouge qu’en blanc constitue dès à présent une très grande source de plaisir. Il s’agit là d’un des domaines les plus remarquables du sud et qui affiche une expression bien à lui (puissance, saveurs et persistance). En outre, la garde des premiers grands millésimes comme 1998 (la 1ère bouteille du domaine a été réalisé sur le 1996) montre une évolution en bouteille très encourageante. Avec le 1999 et le 2001, on semble s’orienter vers plus de finesse et plus de fraîcheur, à même d’autoriser un plus large éventail d’associations culinaires.
From’j, dessert & douceurs : Tarte aux poires & pâtes de coing + Coteaux du Layon Jo Pithon 1999 Bonnes Blanches. Du fond des mines-de-sel, Corinne A. a très peu goûté le titre de Le Pâtissier offert à Emmanuel T. pour services rendus, et manifestement pris la mouche. Sa tarte aux poires respire le parfait labeur et enthousiasme tous les palais. Pour les pâtes de coing, la qualité se redresse il était temps mais les quantités restent bien chiches, Didier C. se réservant clairement la part du lion. Le Layon relève à nouveau d’une année difficile. Il est considéré comme honnête par la tablée mais pas transcendant, affichant une pureté assez relative.
(*) tarifs départ propriété (réservés aux ADdcN)
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