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Nourrie de la maxime d’un de ses pères spirituels, «la Bourgogne est raide, mais le 2001 est droit» (voire l’inverse), Jean-Luc F. décide en ce vendredi 5 octobre 2007, de redresser les palais décadents des membres du tgjp. Dès 20 :00 ; la vip room affiche complet : Le Bon Président, Emmanuel T., Olivier M., Daniel G., Marie S., Pierre-Alain B., Jean-François D. et Jean-Luc F. himself.
Starter : gougères variées et os à moelle + Meursault Coche-Dury 2001 Rougeots + Puligny-Montrachet Coche-Dury 2001 Enseignères
Le manger fait très bon ménage avec le boire. Le Meursault est bien accueilli. La matière est tendue, pure et offre une jolie persistance. Le Puligny va encore sensiblement plus loin en termes de complexité et de longueur. Un débat s’ouvre sur l’élevage et les traces qu’il a laissées. Certains critiquent un boisé assez appuyé. D’autres évoquent avec des mines de professionnels, «l’élevage sur lie». Au final, on peut lui reprocher, à ce stade, un caractère un peu démonstratif. Daniel G se penche discrètement vers Jean-François D., pour savoir où l’on peut se procurer des lunettes d’aviateur.
Before : risotto aux cèpes + NSG Henri Gouges 2001 Les Porrets + NSG Méo-Camuzet 2001 Les Murgers
Le risotto assure un boulevard aux Bourgognes. Le Gouges est très certainement la seule jolie bouteille de la soirée. La matière semble très authentique et affiche un bel équilibre. L’élevage demeure discret. A son débit, une densité un peu juste et surtout une maturité de raisins un peu limite. Le Méo-Camuzet donne surtout de la voix par son élevage. Le boisé arrondit une matière assez décevante, acide et un peu brûlante. On commence à remplir le crachoir. Daniel G. se penche à nouveau discrètement vers Jean-François D., pour savoir si tout le monde peut réserver une table au Fouquet’s.
Main course : jarrets de porc laqués & sa purée de potimarron + Vosne Romanée Chantal Lescure 2001 Les Suchots + Vosne Romanée Dominique Laurent 2001 Les Suchots + Chambolle Musigny Bruno Clavelier 2001 La Combe d’Orveaux + Musigny Jacques Prieur 2001
Les jarrets sont fondants et la purée très amicale. On verse les deux VR issus du même climat (on est vraiment des génies !). Sans employer le vocabulaire de Fadela Amara, on peut dire que le Dominique Laurent remporte le tiercé gagnant : acidité bestiale, tannins super-rêches & boisé appuyé. Pour adoucir notre palais, un membre bien informé souligne la modicité des prix pratiqués. Le crachoir se remplit quand même à nouveau. Le Chantal Lescure est plus apprécié mais ne fait pas de miracles. Le boisé et l’acidité s’avèrent un peu plus discrets. Le raisin n’est pas pour autant mûr.
On tente d’apporter aux membres un petit réconfort en regarnissant généreusement les assiettes de jarret. On en profite pour vider le crachoir qui va déborder. On attaque le Clavelier. Avec le Dominique Laurent, c’est Dupont et Dupond ! L’acidité est peut-être encore plus forte. Tout un chacun voit alors arriver le Musigny tel le Messie. Mais, c’est un Messie très déviant qui vient à nous. Il est réintroduit sans désemparer avec un entonnoir dans la bouteille. Laquelle est réexpédiée par le sieur Jean-Luc F. au domaine. Lequel aux dernières nouvelles, lui en en renvoie une sine die !
Au final, on se dit que le millésime 2001 a du être bien difficile en Bourgogne et qu’on n’a pas dû barguigner sur le tartrique, le sucre, la gomme arabique…
After : plateau de fromages du nord + nougat glacé au coulis de mangue + Coteaux du Layon Richard Leroy 2001 Faye d’Anjou
L’accord est souligné. Le liquoreux de Richard Leroy est considéré comme exceptionnel par tous les membres. Au-delà d’un fruit somptueux, il commence à délivrer des saveurs complexes, dignes des mille et une nuits. Les sucres sont aériens, l’équilibre parfait. Sa persistance semble proverbiale. Daniel G., qui va finir par se faire mal au dos, se penche encore vers Jean-François D. pour savoir où on peut se faire confectionner des mocassins à glands avec talonnettes.
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