Dans l’appréhension des deux prochains actes de Bordeaux 1995 (Pomerol puis 1er GCC) qui entacheront encore la haute réputation du TGJP, Le Bon Président exige le retour à la plus stricte orthodoxie : « il n’est de grand vin, que de grenache ». En ce vendredi 4 novembre 2005, ses plus fidèles adeptes sont donc réunis à la VIP room, autour de sa personne, les bras chargés de Côtes-du-Rhône du millésime 2003 : Pierre C., Emmanuel T., Daniel G., Thien T., l’Archi, Marie S. et votre serviteur (Pierre-Alain B.).
Fait-la-bouche : Blinis au tarama + Champagne Larmandier-Bernier Terre de vertus (22.70 euros*) + Riesling Burn 2002 Goldert (14 euros*). Le warm-up se fait au Champagne. Tout un chacun loue le naturel de cette cuvée et ses exceptionnelles saveurs de chardonnay. Thien T., expert-ès-bulles, souligne avec ferveur le grand plaisir qu’une vraie bulle bio lui procure. Toutefois, l’association avec le tarama est plus satisfaisante avec le riesling. Bien qu’en tout début de carrière, ce dernier est prodigieux : dense mais superbement équilibré, totalement pur, avec déjà l’amorce d’une certaine complexité. Un grand moment !
Primi piatti : risotto au potiron muscat bio + CdP blanc Clos Mont-Olivet 2003 (10.50 euros*) + CdP blanc Le Vieux Donjon 2003 (13 euros*). L’association des CdP blancs au potiron est toujours assez remarquable. Pour le Vieux Donjon, la table est hésitante. Face à un nez plutôt douteux et à des saveurs un peu curieuses, certains affirment que la bouteille est abîmée, d’autres privilégient une phase de fermeture.
Le Mont-Olivet présente une jolie expression, assez délicate et plutôt fraîche. Rapport à la densité, on ne cracherait pas sur un peu de rabiot.
Avec un air sévère, Pierre C. affirme que la critique ne doit pas entraver le petit commerce et estime que l’affichage des tarifs départ propriété est du plus mauvais goût. Emmanuel T. lui embraye le pas et exige que les comptes-rendus du TGJP soient à l’avenir « bienveillants mais objectifs ». Daniel G. souligne qu’il n’apprécie pas les commentaires trop « saignants » voire « graphités ». Le Bon Président leur rappelle en souriant qu’avec notre musette bourrée d’humilité & de respect, on est déjà chargé comme des mules.
Secondi piatti : Daube de joues de bœuf à l’impérial & sa purée de butternuts bio+ Gigondas Les Pallières 2003 (15 euros*) + Gigondas Les Pallieroudas 2003 (8 euros*) + Gigondas Cayron 2003 (12 euros*) + CdR Charvin 2003 (6.10 euros). Les joues de bœuf sont les vraies amies du grenache.
Le Les Pallières une co-production Kermit Lynch / Brunier est le plus sophistiqué des quatre cdr. La matière est bien structurée, soyeuse et grasse. Mais, une bonne partie du charme et de la race est restée au fond des cuves et fûts d’élevage et il fait plutôt « faux petit Châteauneuf ».
Le Pallieroudas, offert par un ami vigneron qui se reconnaîtra, est à l’exact opposé. C’est du sauvage, du brut de décoffrage, bourré de charme et pourtant, il semble encore un peu fermé. La bouteille de Cayron est douteuse, pas vraiment franche. Les verres sont vidés dans le crachoir.
Enfin, le Côtes-du-Rhône de Laurent Charvin clôt royalement la série. Bien qu’un poil chaud par rapport au 2001 (le millésime), il fait montre d’un superbe équilibre, de fraîcheur, de naturel et est doté d’une finale impeccable. Une très belle bouteille pour seulement 6.10 euros !
Fromages, salade bio & dolce : tarte aux fruits de saison (poire, mangues, agrumes…) + Gewurztraminer Burn 2003 Goldert VT (23 euros*) + Gaillac Rotier 2002 moelleux cuvée Rennaissance. La tarte est un enchantement et ravit tous les palais. L’association avec le Gewurztraminer est plutôt incertaine, ce dernier affichant un niveau de sucre assez bas (mais c’est une très belle bête, à placer plutôt en fait-la-bouche).
Le Gaillac diffuse un joli nez bien soufré, type Sauternais. Les deux spécialistes du sud-ouest affirment - avec une mauvaise foi consternante mais propre aux gens de cette contrée sauvage - le contraire et en apprécient tant l’équilibre que la longueur.
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