|
 |
|
Réunion du 4 juin 2004 :
Le TGJP chez les rongeurs d'os
La convocation est sans ambiguïté : en ce vendredi 4 juin, c’est dîner aux Mines-de-Sel et en plus à la succursale du 5ème (la maison-mère est à Fontenay). Pierre C., notre physionomiste, assure la sécurité, filtrant l’entrée avec tact. Agnès et Gilles T. sont venus présenter leur premier bronzage et nous demander divers conseils en matière de sévices. Marie S. est au déclencheur. Daniel G. est là pour tenter de donner un peu de style. Corinne et Didier C. sont logiquement en retard et on décide avec courage ne de plus leur adresser la parole. Pour ma part, je me contente de présider la table avec humilité & respect.
Mises-en-bouche : truffes à la croque au sel & rillettes de la maison + Bourgogne blanc Sylvain Dussort 2002 Cuvée des Coutures 2002 + Meursault Buisson Charles 2002 Les Bouchères. Thien ayant dégoté dans le sud un margoulin, fournisseur de truffes en toute saison, on s’oblige à l’aider pour descendre le stock. Le blanc de Sylvain Dussort affiche une jolie matière avec ce qu’il faut de fruit et d’équilibre. Mais à ce stade la finale est marquée d’une assez forte amertume. On poursuit avec la production des époux Essa. L’association avec la truffe mais aussi les rillettes, fait notre bonheur. Ce blanc, bien pur et assez gras, est nettement plus expressif, avec des saveurs de noisettes et de pistaches grillées. La finale est nette, mais cela respire gravement l’infanticide.
Hors d’œuvre : Pressée d’asperges et de coquilles saint-jacques + Puligny E. Sauzet 1992 Champs Gains + Sancerre Cotat 1994 Les Culs de Beaujeu + Saumur Clos Rougeard 1993 Brézé. Les asperges sont assez envahissantes et ne laissent que peu de place aux vins. Le Puligny baisse logiquement un peu les bras, non sans dévoiler au préalable un charme et une qualité certaine. Le Cotat est très pur, affiche une acidité élevée et tourne un poil court. Il relève clairement d’un millésime difficile. Le Clos Rougeard affiche une robe nettement oxydée. En conséquence, la bouche ne délivre pas le plaisir espéré. Très en verve et les yeux brillants d’émotion, le propriétaire des lieux nous fait partager les tourments de son existence. Il aurait à nouveau lâchement abandonnée dans une remise de l’Aude, sa 348. Daniel G., qui ne s'est jamais vraiment remis de Dièn Bièn Phù, repense à la bretelle de son AA52 qui lui sciait l’épaule. Il lui demande si une 348 est directement montée sur un wagon et qu’elle est la taille de la munition. Agnès T. interroge elle-aussi Christian P. sur le point de savoir s’il pourrait faire le déplacement dans le 95 avec cette fameuse 348 pour intimider sa descendance, voir carrément rétablir l’ordre. Face à pareille inculture, nous nous épanchons avec l’archi et nous échangeons nos doux souvenirs secrets de SWM, Montesa et autres Fantic.
Plat de résistance : collier de veau & pois gourmands + VdP Trévallon 1991 + Saint-Emilion Pavie 1990 + Ribera del Duoro Pesquera 1993 crianza + CdP Mont Olivet 1984. Le petit collier est plutôt sympatoc mais certains invités, élevés Dieu sait où comme dirait Corinne A., se laissent aller à creuser les os pour en récupérer la moelle. C’est ça les Mines-de-Sel ! Des gens qui aiment le gras et qui rongent les os ! Le Trévallon plaît beaucoup et surtout aux mono-maniaques du bordelais. C’est un beau vin bien défini, qui connaît une belle évolution. La matière, assez nette, est dense mais équilibrée et offre une jolie finale, bien qu’un poil courte. On peut lui reprocher un léger manque de finesse. Le Pavie rassemble ses aficionados. On sent le soleil et l’acidité est assez discrète. Il paraît en pleine jeunesse et ne dégage (malheureusement) pas encore de saveurs évoluées. Le Pesquera est quant à lui bien fondu. Il ne manque pas de charme, mais la matière n’est pas complètement nette et un poil dure. On se termine avec une 37,5 cl de Mont-Olivet. Le format conjugué à un millésime plus que faiblard réduit drastiquement le potentiel émotionnel du breuvage.
Dessert : fraises bio à la crème chantilly + Muscat du Cap Corse Aréna 2001 + Cabernet d'Anjou Ogereau cuvée spéciale 2003 + Coteaux du Layon Sablonnettes 1997 Noblesse + Rivesaltes Dupéré-Baréra 1998. Face à la concurrence insurmontable des Pâtissiers du XIIème, Corinne baisse les bras et bâcle la fin de repas avec des fraises-chantilly. Le Muscat d’Aréna est très apprécié par l’assemblée. Les saveurs sont franches, la bouche assez aérienne. Je propose néanmoins de faire en deuxième semaine un benchmarking avec un Clos Nicrosi. La bouteille de Sablonnettes semble abîmée. Le Rivesaltes affiche un très beau fruit et a bien digéré son élevage, mais finit, à ce stade, un peu court. S’en suit un bien lamentable trafic de bouteilles et de déchirants adieux…
© www.tgjp.com - 2004 - Humilité & Respect
|
|