Bien lancé, le TGJP ne connaît ni ponts, ni vacances. Ainsi en ce mercredi 4 mai 2005, le voilà réunit à la VIP room pour sacrifier pas moins de 4 flacons de Châteauneuf-du-Pape du fameux domaine Pierre André. La noble assemblée est riche de fortes personnalités : Le Bon Président (Laurent L.), notre mercantil (Pierre C.), le spécialiste en groupuscules et la collectionneuse (l’Archi et Thien H.T.), la pseudo-pâtissière et son CEAF (Corinne A. et Didier C.), la photographe (Marie S.) et moi-même-personnellement (Pierre-Alain B.).
Apéritif : canapés au chèvre frais, tomates cerises & fraises + Champagne Roger Pouillon 1999 Chardonnay Grand Cru (16.80 euros*). A la demande générale, on démarre avec un Roger Pouillon, Corinne et Thien souhaitant elles-aussi apprécier l’art et la manière de ce diable de champenois. La bulle est fine, les saveurs très nettes, mais certains lui reprochent une légère amertume en finale, d’autres une pointe de sucre. Le 1997 et le Fleur de Mareuil ont pour l’heure plus de succès.
Before : risotto aux pointes d’asperges vertes + Savennières Chamboureau 2000 cuvée d’Avant (17 euros*) + Savennières Les Baumards 2000 Tries spéciales (16 euros*). Le petit risotto est bien de saison. On démarre au Chamboureau. A ce stade, il est encore un peu austère, voire fermé. La matière est délicate, mais les saveurs sont jolies. Ce n’est pas grandiose. Le Baumard est plus expressif mais un peu boisé. Il est charmeur et très rond.
Sur ce, Thien H.T. nous demande si nous avons encore reçu des offres de service du roi du café, Pascal Hamour. Le Bon Président lui confirme que l’individu fait preuve de persévérance et propose même avec élégance des huiles de massages (sic). Pierre C. est subitement pris d’une violente quinte de toux. Il a très certainement trop poivré son risotto.
Plat de résistants : Poitrine de veau confite au romarin & son gratin dauphinois + CdP Pierre André 1998 (22 euros*) + idem 1999 (20 euros*) + idem 2000 (18 euros*) + idem 2001 (18 euros*). L’association avec la poitrine de veau est un peu juste pour la puissance du vin. Toutefois, la noble assemblée apprécie grandement la qualité de la production du domaine.
Globalement, il s’agit d’un Châteauneuf-du-Pape racé et très naturel (pas de boisé ou autres saveurs surprenantes), de bonne densité mais parfaitement équilibré et frais, avec un raisin mûr mais pas en surmaturité, doté de saveurs totalement typiques et de finales persistances et pures. En conclusion, il est porteur de très grands plaisirs à table.
A ce stade, le 2001 est encore un peu sur la réserve, mais affiche un beau potentiel. Le 2000 est le plus « solaire » et exige un plat musclé. Le 1999 est peut être le plus prêt à boire, avec un parfait équilibre. Enfin, le 1998 relève indéniablement d’un millésime de légende.
Pierre C., qui ne touche plus au poivrier, a logiquement repris sa respiration et nous voilà rassurés. Le Bon Président nous indique alors avoir reçu pas moins de trois mails de divers quidam, exprimant de conserve une certaine retenue quant à l’activité commerciale de Pascal Hamour. Considérant qu’il s’agit d’un ancien associé du Marchand du Temple, personnalité « bien connu des services » du TGJP, nous nous interrogeons dans l’humilité et le respect qui sied à pareils individus. L’Archi nous demande s’il s’agit encore d’une bande de vieux maoïstes sur le retour et propose de constituer un groupuscule encore plus révolutionnaire. On l’invite à s’en retourner à son canapé et à la lecture de ses BD.
After : plateau de chèvres (Banon à l’ancienne, Selles sur Cher, Clacbitou, Carré du Tarn & Picodon), salade et Grand Fraisier Royal + Muscat de Rivesaltes Blanes 2001 + VDN Muscat du Cap Aréna 1995. Le Grand Fraisier Royal réalisé à la commande par Corinne A. fait grand honneur au TGJP. On commence avec le muscat du domaine de Blanes. Il est assez aérien et délivre des saveurs bien sympathiques. C’est une gentille bouteille, sans grande ambition. On verse l’Aréna. Du poids coq, on passe au mi-lourd. L’affaire devient sérieuse, mais les avis sont partagés. Si les saveurs sont agréablement expressives et le nez superbe, la matière est très dense, assez alcooleuse et l’acidité perçue plutôt basse. Ce n’est pas le top du vin de dessert. Les deux tiers de la bouteille sont abandonnés sans combat.
(*) tarif départ propriété
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