Réunion du 4 février 2005 :
Du Châteauneuf-du-Pape 1999 et des crêpes (acte 2)
Ouais, mais Yaïr T. est un dégustateur hors pair, alors que toi, t'es rien qu'un guignol !
Eh bien, ce n'est pas l'avis de Grand-Marnier. Je rentre comme chef de produit au 1er avril 2005 et avec le tapis rouge !
Comme Yaïr T., j'ai décidé de déguster dorénavant armé d'un dictaphone.
Leur DRH est extralucide. Il a percé à jour ton coté dame liqueur !
Absolument ! Le 1er projet vise une cible féminine et concerne le lancement de "Grande-Marnière". Un blend de GM et de champagne !
Pouah ! Si tu combines la triple chaptalisation du champomy et le GM, c'est le diabète assuré !
Il a bien fallu en passer par le deuxième acte. C’est ainsi qu’en ce vendredi 4 février 2005, nous nous retrouvons à la VIP room pour communier une fois n’est pas coutume autour de six nouvelles bouteilles de Châteauneuf-du-Pape du millésime 1999. Animés de la foi des plus grands saints du calendrier pour le dieu grenache, Sylvain M., Le Bon Président, Odile et Emmanuel T. et Daniel G. , Marie S. et bibi attendons stoïquement le lever de rideau, Jean-Luc F. passant dans les rangs pour proposer son opuscule à prix d’ami.

Warm-up : tartines aux rillettes, chorizo et autres grassouilleries + Savennières Ogereau 2002 Clos du Grand BeauPreau + Savennières Clos de Frémur 2001 Bel Ouvrage. Ce bon-à-rien de Sylvain M. a eu la riche idée d’acheter la charcutaille à Monoprix, en même temps qu’il remplissait son chariot de liquoreux à prix militants. On sent bien le goût du gras et on manque de s’étouffer avec la peau en plastique ! Pour oublier, on démarre au Clos de Frémur. Pour un millésime moyen-moins, le résultat est assez stupéfiant. Daniel G. apprécie la maturité du raisin. Le Bon Président souligne la richesse de la matière et la beauté de la finale. L’Ogereau fait à ce stade un peu moins recette. Si la matière est belle, elle n’est pas encore très disante et l’amertume reste assez forte (élevage ou cépage ?).

Before : risotto aux poireaux, au speck et au pecorino + CdP Marcoux 1999 (16 euros*) + CdP Font de Michelle (16 euros*). Le p’tit risotto fait son œuvre et constitue un partenaire loyale des CdP. Le Marcoux déçoit un peu. Le nez n’est pas totalement net. La matière est un peu dissociée, un poil chocolatée et manque un peu de fraîcheur. On verse le Font de Michelle. Là, tout est bien en place et le nez est assez riche. Mais, la bouche est sympathique sans plus, sans complexité ni réelle persistance.
Le Bon Président interroge la tablée sur la suite à donner à la très stylée supplique de Pascal Hamour qui souhaite participer à un dîner et y présenter généreusement ses spécialités (voir http://www.pascal-hamour.com). Daniel G. souligne que l’hospitalité est sacrée au TGJP, comme au pays basque. Jean-Luc F. tend l’oreille et commence à nourrir un projet de co-distribution de son chef-d’œuvre. Toute rougissante, Odile T. affirme qu’elle brûle de connaître le secrets de ce grand maître. Je lui confirme que sans même lire dans le marc de café, je peux déjà lui indiquer que la soirée sera des plus instructives et devrait fournir le miel de plusieurs comptes-rendus.

Plat de résistance : civet de joues de porc & sa purée de panais + CdP Ferrand 1999 (11 euros*) + CdP Charvin 1999 (11 euros*) + CdP Pégau 1999 (17 euros*) + CdP Beaucastel (28 euros*) + CdP Clos Mont-Olivet 1999 pure syrah. D’un oeil avisé et suspicieux, Le Pâtissier tente d’évaluer le nombre d’assiettes de viande que le plat va bien pouvoir délivrer. Force est de constater que l’association CdP/civet est diabolique. On starterise très fort avec le Ferrand. C’est une très belle bouteille qui « en envoie » comme dit son producteur. La matière est dense, chaleureuse mais sans lourdeur, dotée de très belles saveurs castelpapales, d’un poil de sucre résiduel et d’une jolie finale. On est sous le charme.
Avec le Charvin, on retrouve ces mêmes qualités mais avec une droiture, une pureté, une précision et une fraîcheur plus accentuées. C’est un très grand vin, bien équilibré mais moins démonstratif, et en tout début de vie.
Alors que les assiettes se vident, Le Pâtissier se lance courageusement dans un long discours sur le danger du cholestérol et les vertus d’une vie végétarienne, clairement inspiré d’un récent mémo transmis par Agnès G. Emus par temps de science et d’à propos, on décide de se verser le Pégau sans désemparer. C’est du solide avec une certaine rusticité et un caractère un peu animal plutôt charmeur. Mais à ce stade, il paraît manquer un peu de structure et de fraîcheur et finalement de générosité.
On continue au Beaucastel. C’est la 3ème belle bouteille de la soirée et le vin n’est aussi qu’à son commencement. La matière est dense, profonde et fraîche. On rince ce Beaucastel en dix minutes, le temps pour Le Pâtissier de retourner se confectionner discrètement une 3ème assiette à la cambuse.
Dès son retour et avec force voix, il souligne de façon assez veule les rondeurs de chacun et invite à un jeun immédiat. On se termine alors avec une pure syrah de contrebande du Clos Mont-Olivet. Le nez est plutôt animal, mais la bouche est assez réussie et en remonte à nombre de syrah exotiques du Languedoc par son naturel et sa complexité.

After : salade, fromages, crêpes à l’orange et au Grand-Marnier + Coteaux du Layon Ogereau 1997 Prestige + Coteaux du Layon Ogereau 2002 Bonnes Blanches + Moscato d’Asti Bera 2004 (8 euros*). Tout un chacun loue les petites mains du Pâtissier qui ont retiré toutes les petites peaux des oranges, ceci alors que l’estomac de ce dernier commence à signaler une sérieuse saturation du réseau.
Les deux sucrailles d’Ogereau sont très réussies, avec des équilibres bien adaptés à une fin de repas. Le 1997 est riche, complexe et très pur. Le 2002 est encore sur la réserve. Enfin, la présentation d’un Grand Vin de Champagne d’Italie à la table du TGJP met tous les membres en joie et assure une fin de repas délicieusement fruitée et bien rafresh.

(*) prix départ propriété ttc réservé au ADdcN

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