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Réunion du vendredi 3 octobre 2003 :
«Côtes-du Rhône à la cantoche du TGJP»
Après le passage de Michel B., tous les membres de la secte ont parfaitement compris que « la pente est raide », qu’on a intérêt à la grimper fissa et que pour ce faire de grandes lampées de vin de grenache sont indispensables. En ce vendredi 3 octobre 2003, Pierre C., qui ne doit pas avoir la conscience tranquille, arrive 30’ avant les autres. Emmanuel T., qui depuis l’épisode de l’Ortillette nous croit adeptes de Rika Zaraï, vient avec sa bassine. Gilles T., garçon organisé, arrive en sifflotant : il sait que son Fonsalette est entre de bonnes mains et repose en paix. Enfin, Jean-Francois D. a le dos brisé par la roue de Stilton qu’il transporte sur son dos depuis les hauteurs de Sèvres.
Apéro & entrée : Risotto au potiron (musquée de Provence) + Cairanne blanc L’Oratoire Saint-Martin 1999 Haut-Coustias + Cdr blanc Tardieu-Laurent 1998 Guy Louis. Whaoouuuuu ! Ces deux là ont décidé de construire une cabane ? Les deux blancs présentent des matières très appréciables mais totalement dominées par le bois, à s’en coller des échardes dans la langue. En balançant le Tardieu-Laurent dans le risotto, on est même pris d’un doute !!!
Mes camarades et moi-même nous réjouissons alors du retour inopiné sur la liste Iacchos, de David L. Je leur lis alors un court passage d’un de ces derniers prêches et les invitent à en méditer toute la portée : «Par un amendement à la silice qui renforce et durcit la cuticule, très tôt au stade feuille étalée, puis ensuite d'activer génétiquement et préventivement les défenses naturelles au moyen d'application de iodus, trimère ou pentamère de glucane qui agît par contact». Pierre C. qui n’a pas encore la bouche pleine de hachis, me jette avec agressivité un « Cuticule, toi-même » et j’en reste interdit !
Plat principal : Hachis Parmentier (à base de veau-carottes) + Cdr Clos du Caillou 1999 Le bouquet des garrigues + Cdr Charvin 2001 + Cdr Gramenon 2001 La Mémé + Cdr Fonsalette 1989. Le Clos du caillou affiche une matière très dense, relativement soyeuse et un tout petit peu animale. A ce stade, la bouteille est encore un peu fermée. Le Charvin est plus souple, plus gouleyant, doux, très sapide et très net, doté de superbes saveurs de grenache et d’un nez un peu poivré (poivron selon certains, le débat est ouvert). A 6 euros au domaine, humilité & respect total pour Laurent Charvin. La Mémé, consommée bien jeune, affiche un puissant nez de jasmin et de violette. Le matière est un peu plus dense que celle du Charvin, aussi pure, les saveurs de grenache plus appuyées et la finale plus persistante. Au final, la table se scinde en deux avec d’un coté les inconditionnels de la pureté et du naturel de ce vin et de l’autre, ceux qui trouvent ces arômes de jasmin vraiment entêtants et les saveurs trop appuyées. Amha, le jugement pourrait être mis en délibéré à 5 ans. Enfin, la cuvée « regular » de Fonsalette version Jacques Raynaud himself s’ouvre progressivement. La matière est assez dense, épicée, pure et profonde. Ce vin génère une certaine émotion, surtout quand on connaît les conditions actuelles de l’accueil au domaine. C’est très bon mais on ne retrouve pas tout le charme et toute la complexité d’un très beau cdp, ceci pour un prix boum-boum.
Après avoir torché avec application le hachis Parmentier, ce grand timide de Pierre C. consent à nous informer de l’exécution de son business plan, rapport-à-son bar-à-vin-qui-va-ouvrir-le-15-octobre. Cela se présente au mieux. L’ancienne clientèle s’est déjà enquise de la date d’ouverture et a proposé sa science des contacts pour rafraîchir la carte. Les voisines ne sont pas farouches et exercent une activité en forte synergie avec celle du body. Enfin, s’il continue a taper dans les murs de la cave, il devrait pouvoir fusionner intimement avec tous les sous-sols environnants et décupler sa surface !!!
From’j : Stilton + Porto Barros Vintage 1985. On a décidé de donner du style aux dîners en se la jouant british. On suit avec minutie les conseils du iacchosien Eric R., en carafant 2 heures à l’avance. Ce porto est vraiment délicieux (je n’y entrave rien). C’est goûteux, avec des saveurs magiques, une superbe profondeur, de la complexité, du charme, un alcool pas envahissant… Et l’association avec le Stilton est vraiment réussie.
Dessert : Fondant au chocolat spécial TGJP + Banyuls Rectorie 1996 cuvée Parcé Frères mise d’automne. Cet Emmanuel T. est vraiment un artiste de la pâtisserie. Malheureusement et après le porto, ce Banyuls fait vraiment petit joueur.
Heureusement, on en vient aux choses sérieuses. Gilles T. ouvre sa pochette magique et propose à la volée les Ramona Liones et autres douceurs. Emmanuel T. décide de vérifier à nouveau le titrage d’un Macallan 1987 (56°). Pour ma part, j’attaque, avec respect et humilité et sans attendre le petit déjeuner, le fond quasi-solide du porto…
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