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Réunion du mercerdi 3 septembre 2003 :
«Fantaisies bourguignonnes au TGJP»
Ce mercredi , Thien T. décide de mettre ses gens en cuisine et de descendre titiller dans sa cave le bourgogne. Manquant un peu d’assurance en termes de palais, elle convoque des membres humbles & respectueux du TGJP en la personne de Gilles T. accompagné de sa régulière, Corinne A. accompagné de son régulier le CEAF, Pierre C. pourtant débordé par la mise en route de son bar-à-vin, Marie S. et son régulier bibi et enfin un invité venu d’un lointain pays en la personne de Christophe P.
Apéro : diverses crudités très crues + Vouvray pétillant Foreau 1995 réserve. Trois fois miam-miam. On note de belles saveurs de chenin, une totale pureté (signature de la maison), une bulle assez fine… Comme dit Axel Gyldén en page 10 de l’Express supplément vin - daté du 4 septembre 2003, au sujet de cette même bouteille : « A faire pâlir certains grands… ! » (sic).
Entrée : l’oignon doucement rôti sur son lit de petites girolles des montagnes + Anjou blanc Baudouin 2000 Les Saulaies + Sancerre Cotat 1995 Culs de Beaujeu cuvée Spéciale + Anjou blanc Ogereau 1999 cuvée Réserve. L’oignon est bien et la petite girolle des montagnes encore mieux… Le Saulaies dégage un nez bien caractéristique de carton mouillé (phénomène extrêmement rare chez le méticuleux citoyen Baudouin) et est dirigé avec style vers le fond de l’évier. Le Cotat est une cuvée de 1995 à priori encore en vente au domaine. Elle présente un niveau de sucre résiduel assez conséquent pour un Sancerre. La robe est presque claire comme de l’eau, la matière affiche un bel équilibre, beaucoup de charme. Seule la finale est un peu courte. On passe à l’Ogereau. Le nez s’approche fortement du Baudouin. Pierre C., grand connaisseur de la Loire, nous informe que c’est normal… (il pompe l’eau du fleuve pour arroser les vignes ?). Corinne A. maugrée sur un nommé Daniel G. qui lui en aurait fait acheter une caisse de douze (par principe Corinne A. maugrée souvent et souvent sur Daniel G. qui est très très sévère). L’Ogereau suit logiquement le chemin du Baudouin.
J'annonce alors à la noble assemblée que dorénavant au TGJP ce sera comme à la Revue des Vins de France. Didier C. s'étouffe avec un strident : «On va porter des cravates dorées comme Bettane ?». Les yeux de Gilles T. s'illuminent : «On va boire les 1ers crus bordelais et décider du prix ?». Thien T., qui ne manque pas d'intuition, les regarde goguenarde et leur lance : «Non, on va coller tout plein d'étoiles aux domaines du Languedoc-Roussillon et j'ai déjà tout dealé avec Jean-Claude Le Brun». Je les taxe d'un définitif « bande de boulets » digne d'un ancien président-déchu contrait à l’exil et je leur explique que dès le prochain dîner, on va jouer à «la Bouteille Mystère ». Je balance quelques indices : «la deuxième partie du nom du faiseur dont provient cette bouteille commence par un B.», «le millésime appartient à la dernière décennie» et «c'est vinifié au sud de la Loire». Ils se grattent la tête et trouvent ça déjà super-difficile. Je leur indique que le meilleur, après la dégustation, sera la révélation de la super-énigme, lorsqu'on leur racontera la véritable histoire de ce flacon.
Plat de résistance : Poulet aux épices et aux crevettes sur un lit de pêches au gingembre + Pommard Vaudoisey-Creusefond 1999 + Pommard Vaudoisey-Creusefond Charmot 2001 + Pommard Vaudoisey-Creusefond Epenots 2001 + Pommard Domaine Leroy 1989 (climat inconnu ?) + Pauillac Pichon Comtesse 1988. De nouveau, c’est fort bon mais compte tenu de la profusion de personnel dont Thien T. a fait l’étalage, on ne s’étonne plus de bien manger (elle a rétabli l’esclavage…). Les deux Pommard 1er cru 2001 de Vaudoisey sont à ce stade un peu décevants. La matière n’est pas très dense, l’acidité un peu élevée et la persistance en bouche limitée. Le Vaudoisey générique 1999 est un peu plus amène avec un fruité plus expressif, une amorce de profondeur mais à nouveau une longueur relative. Le Pommard 1989 du Domaine Leroy scinde la noble assemblée. Thien T. affirme qu’il est sur la finesse et la noblesse. Je penche plutôt sur la maigreur et l’acidité. Le bordelais ne sauve pas la mise. Le Pichon Comtesse 1988 n’est pas très disant et semble encore en pleine jeunesse. Pour Gilles T., il est encore dans son bois et selon Thien T. il ne dégage pas encore de saveurs secondaires. A la décharge de ses malheureuses bouteilles, il faut bien avouer que l’association avec le bon manger (épices, gingembre…) est des plus difficiles.
Corinne A., carrément insolente, m'interroge sur la date de livraison des Moscato d’Asti, les y’a bon Bera. Gilles T. cesse de machouiller et me fait les gros yeux en lâchant : « Si tu veux jouer au marchand de Sony, ça va pas le faire avec moi ! ». Je les informe qu'avec le mérinos on a la situation bien en main, que la palette de Bera est en route et que la livraison va intervenir début décembre (c’est loin l’Italie). Ainsi, tous les membres du TGJP, à jour de leurs lourdes cotisations, vont enfin pouvoir arroser les réjouissances de fin d'année avec un vrai vin de fête et se faire enfin bien voir de leur belle maman.
Fromj’ (y’en a pas parce que Thien T. affirme avec gentillesse qu’on est déjà bien trop gros), salade (y’en a pas plus) et dessert : tarte aux pommes confites + Poiré d’Eric Bordelet. RAS, si ce n’est que ce poiré se marie parfaitement avec la tarte et assure une somptueuse et légère fin de repas.
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