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Réunion bis du 2 avril 2004 :
Bordeaux 1980-1992 aux mines-de-sel
En ce vendredi 2 avril 2004, on projette courageusement de faire concurrence à la VIP room du TGJP en alignant quelques Bordeaux de toutes couleurs et d'âges divers. Pour se fouetter un peu les sens, Thien, notre délicieuse hôtesse, décide de décorer ses assiettes aux couleurs du monde. Dès 20:00 , une délégation banlieusarde (Gilles T et Madame plus votre serviteur) squattent les fauteuils de la rue de Poissy en sifflant un p'tit Boulard rosé, on admire l'imprenable vue sur Notre-Dame et l'on échange quelques points de vues bien sentis à propos du récent changement de régime, sur l'intervention de l'autre (pas notre le bon président mais l'autre: l'usurpateur corrézien); sur les dangers de l'alcool au volant et autres sujets forts intéressants. On songe et plaint au passage nos pauvres amis, qui du haut de l'imprenable citadelle garibaldienne vont encore passer leur soirée à dire du mal de plein de gens, ce qui n'est vraiment pas notre genre à nous. Notre photographe Didier C. prévient qu'il est encore bloqué aux alentours de la Gare de Lyon, arrive enfin et le petit personnel nous présente de quoi nous rincer la bouche avant d'attaquer les choses sérieuses.
Apéritif : cahouettes et tomates cerises + GVdCF Raymond Boulard Rosé + Macon Milly Lamartine 2000 Héritiers Comte Lafon. L'expérience du GVdCF continue là encore. On a bien fait de mettre nos blouses blanches vu que ça tâche. Les avis sont à nouveau partagés sur la production du champagne en général et de RayBouly en particulier. Un trouble dans la bouteille conforte un certaine perplexité dans l'assemblée. Après enquête il est établi que c'est essentiellement du à la fine couche de poussière qui s'est déposé sur le flacon, une convive régulièrement ultra sensible aux vins douteux simule une allergie cutanée, elle est rapidement démasquée: c'est en fait une allergie au cahouettes et le GVdCR n'est pas en cause. Avec mon courageux voisin l'Archi nous terminons la bouteille sans autre forme de procès. Pour le courant majoritaire, la bulle est bien présente. Les saveurs sont nettes (fraises des bois) et agréablement évoluées. Cela descend plutôt bien. On prévoit cependant une descente du côté de Montreuil, pour se ravitailler en potion magique (le Moscato d'Asti du sieur Bera) au marché des vins bios. On passe au blanc du Comte Lafon. Le nez est discret mais la matière est assez dense. C'est relativement gras, avec un assez beau fruité, très net, et pas très persistant.
Entrée : Ris de Veau et asperges vertes dans sa nage extrême orientale et ses échalotes confites + Pinot Gris VV 96 Josmeyer et Carbonieux 1922. On ouvre les hostilités sur une création de Thien qui est digne d'entrer au Louvre de la cuisine section Grand Génie Bienfaitrice de l'humanité avec un 100/100 dans le Parker de la tambouille, un 20/20 dans l'IVV de la fastfood. Le carbonieux est complètement oxydé, on a du mal à croire qu'il a été blanc un jour, son parfum est cependant magique (enfin quand on apprécie les jus de noix du Jura) la bouche est moins explosive (quoique....) .Le Pinot Gris de Josmeyer est beaucoup plus flatteur, son caractère fruité et subtilement sucré semble bien s'accorder avec les ris de veau.
Plat de résistance : Rôti de Boeuf fondantlabouche et jeunes pommes de Noirmoutier arrosé d'une réduction délicatement gimgembrée + Las Cases 80 et 92; Sociando Mallet 92 et Grand Puy Lacoste 88 puis 82 avec Montrose 89 et Roc de Cambes 90 pour conclure. Autant les associations fonctionnent en général bien, même si à posteriori on aurait du modifier l'ordre de passage, autant le plat est divin plus. Le Las Cases 92 met un peu de temps à s'ouvrir mais se développe très vite (On remarque tout d'abord le nez de belle expression, au boisé noble. L'attaque est souple et la bouche très élégante, aux tanins arrondis.) Le 80 est diabolique et classieux. Le nez est tout d'abord très, trop discret mais des arôme de cuir et de café séduisent rapidement l'assemblée (Nez assez explosif, avec des touches délicatement fumées. La chair est délicieuse, développant un beau volume.) Le Sociando Mallet est très bien, très bon....en fait je ne m'en rappelle absolument pas mais en général Sm c'est plutôt pas dégeu ( je relis mes notes....voyons...voyons… ah, voilà ce que je notais à chaud:" Toujours aussi réussi: Un nez complètement épanoui, une belle expression de son appellation. La bouche se révèle grasse, sans aucune mollesse grâce à sa fine texture tannique. Certainement l'une des réussites de ce millésime..".ben ça tombe bien) Le GPL 82 est LE vin de la soirée: dès l'ouverture il séduit par un nez expressif et confirme par une bouche ample et persistante. J'en profite pour reprendre de la viande et ma voisine de table Corinne A. m'annonce qu'elle va reprendre ses études et enfin apprendre le vin pour pouvoir faire des beaux commentaires de dégustation dans son prochain restau super-bon avec des vins super-tops. fort d'une expérience séculaire dans ce domaine je ne peux que l'encourager dans cette voie à condition qu'elle sévisse sur le rive gauche de la Seine et me laisse libre de faire le clown sur la droite. Montrose 89 est très bien lui aussi mais moins que le GPL82 ( Un vin dense, de belle robe, au nez fin et précis, aux notes florales douces. L'attaque est souple et la bouche paraît admirable, avec beaucoup de profondeur. Un vin long et expressif ...d'après mes notes sur le vif). J'en profite pour reprendre des pommes de terre, sous le regard sévère et inquisiteur de Gilles T mon guide spirituel dans la longue route semée embûche du poids idéal....c'est pas gagné. Corinne A, qui n'a rien dit depuis quelques minutes et n'ose pas se resservir de la sauce me propose une joint-venture; comme je dois être à 2,97 gramme de sang par litre d'alcool, je préfère attendre une proposition écrite plutôt que de m'emballer comme ça sur un coup de tête. Avec Christian P et Gilles T nous décidons de nous dégourdir les jambes et faisons environ 2 mètres pour conspirer contre le reste du monde, dans le désordre les filles, Raffarin, les neveux qui hésitent entre F1 et golf, les banquiers, les étudiants...bref tout ce qui fait le charme des CPP parisiens. Le Roc de cambre est excellent et ne souffre que d'un seul inconvénient : il arrive en fin de repas après quelques pointures qui , de fait, le rendent plus modeste que ce qu'il doit être.
Dessert : Ananas confit et Ananas au sel dans son enveloppe de massepain +Guiraud 81 et Fargues 87. Mes souvenirs sont de plus en plus obscurs....quelques mots grossiers et tabous me viennent à l'esprit...soufre...soufre...soufre. Il se fait tard et il est plus que temps d'aller rejoindre nos camarades prisonniers du 15eme arrondissement pour confronter nos expériences de la soirée: à 3h nous nous donnons rendez vous dans un lieu à la fois central et accueillant: Le Nautilus (sur le trottoir de droite juste quand vous sortez des Panoramas), mais là c'est pas moi qui fait le CR.
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