Réunion du 2 septembre 2005 du TGJP - Sur la rive droite du Bordeaux 1995 (acte 2) avec une poitrine de veau confite au romarin
Réunion du 2 septembre 2005 :
Le TGJP sur la rive droite du Bordeaux 1995 (acte 2)
Vingt dieux ! Le rad-à-Pierre C. est en photo dans La Croix ! Et on ne me dit rien ! Bien sûr ! L'article dit aussi qu'il a eu le prix du meilleur sandwich d'osties aux JMJ. Pas à moi ! Tu as dû encore embrouiller sec. La critique gastro même catho, ça me connaît !
C'est bien votre littérature, mais as-tu rapporté les indulgences pour sortir Corinne et Thien des mines-de-sel ? Vous n'allez pas me croire et pourtant je le jure sur la tête-à-tous-mes-ex-associés, y'en avait plus ! Le marchand du temple avait ramassé toutes mes allocs ! Alors, y'a pas de blème ! Quand il va leur déposer les Ostertag, il mettra les documents avec !
En ce vendredi 2 septembre 2005, on se décide à retenter le diable avec pas moins de six nouvelles bouteilles de Bordeaux du millésime 1995. Pour changer un peu, on passe, dans l’humilité & le respect, sur la rive droite. Les plus grands experts du merrain au TGJP sont présents. Pierre C. a enfilé sa tenue de 1er communiant qu’il ne quitte plus depuis son retour des JMJ à Cologne. Il est entouré de Daniel G., de Le Bon Président, de Philippe C. (un bizuth aveyronnais), de Jean-Luc F. (un auteur de renom), de Marie S. et de votre serviteur Pierre-Alain B.

Before : canapés aux rillettes, andouille de Guéméné & bœuf séché aux épices + Anjou blanc René Mosse 2002 Rouchefer + Anjou blanc Bernaudeau 2002 Les Nourissons. Avec la complicité active de Philippe C., on décide de braver la chaleur et d’attaquer un before bien de chez nous. On verse le Rouchefer. Le nez et la bouche sont sains et bien définis. C’est frais mais nombreux lui reprochent, à ce stade, peu de gras et un boisé démonstratif finalement un peu surdimensionné par rapport à la matière.

On passe à la cuvée Des Nourissons. Le nez et la bouche sont légèrement marqués par des arômes fermentaires (lies ?). L’acidité est assez surprenante, mais le plaisir est bien là. C’est plutôt (voire trop ?) authentique.

Le Bon Président interroge alors Pierre C. sur les principaux enseignements de son séjour au JMJ. Il répond d’un ton un peu monocorde : «Le péché crée un entraînement au péché et par sa répétition, il engendre le vice». Premier passing-shot de Pierre C. !

Primi piatti : risotto à la pancetta et au romarin + Saint-Emilion Balestard-la-Tonnelle 1995 + Saint-Emilion Larmande 1995. On passe aux choses sérieuses et le risotto constitue un honnête compagnon des dites choses sérieuses. Comme il est écrit dans le B&D 2005, le Balestard-la-Tonnelle est velouté. Sans aspérité, il descend bien mais il n’est pas porteur d’une grande émotion. Sa longueur est très relative. On passe au Larmande. Sévèrement bouchonné, il rejoint directement le crachoir.

Jean-Luc F., un peu taquin, demande alors à Pierre C. sa définition-à-lui-personnellement du vice. La réponse fuse : «Les vices sont des habitudes perverses qui obscurcissent la conscience et inclinent au mal». Pierre C. est vraiment redoutable en fond de court ! Un vrai crocrodile !

Secondi piatti : Poitrine de veau confite au romarin & purée de pommes de terre + Saint-Emilion Grand Mayne 1995 + Saint-Emilion Canon-la-Gaffelière + Pomerol Gazin 1995 + Pomerol Vieux Château Certan 1995. La poitrine est fondante et les arômes de romarin envoûtantes. L’accord avec le bdx est parfait. Les hostilités s’ouvrent avec le Canon-la Gafffelière. A ce stade, il est impressionnant : le boisé est très asséchant, l’orange sanguine bien présente et la matière presque de demi-corps. On passe au Grand-Mayne. Le bois semble être mieux marié à la matière et c’est presque « velouté ». Après 3 heures de carafe, il demeure assez fermé. A ce stade, tout un chacun comprend que le plaisir sera ce soir essentiellement culinaire et on se ressert généreusement.

On passe au Pomerol. Le Gazin est intensément mais habilement boisé. La matière semble mûre et plutôt riche (forte proportion de merlot ?). La finale est appréciable. Rien de transcendant quand même ! On conclut avec le Vieux Château Certan. Son nez est légèrement poivronné. La matière est élégante et amorce une certaine profondeur. Le tout reste encore assez retenu.

Au final et à ce stade, cette 2ème partie de Bordeaux 1995 est très décevante, considérant que ce millésime est réputé «grand» sur la rive droite. Surtout et pour nombre de bouteilles, il faut vraiment être très avisé pour imaginer des merveilles dans les dix ans.

From’j & dessert : Sablés au safran & mangues à l’orange avec sa chantilly aux agrumes + Vouvray Foreau 1996 moelleux. Si l’association sablé + safran + mangue est diabolique, le moelleux de Foreau est malheureusement une erreur de casting. Nonobstant toutes ses qualités de pureté, d’équilibre et de longueur, son manque de sucre est patent pour les sablés.

Pierre C. se laisse un peu aller sur le Vouvray et Daniel en profite pour tenter un lob : « Qu’interdit le 9ème commandement ? ». L’air gourmand, Pierre C. smash : « Le 9ème commandement interdit de cultiver des pensées et des désirs concernant des actes défendus par le 6ème commandement ». Jeu, set et matche pour Pierre C. ! Il est vraiment trop fort !

© www.tgjp.com - 2005 - Humilité & Respect