Réunion du 2 avril 2004 :
CdP 1998 - Acte 2 à la VIP room du TGJP

En ce vendredi 2 avril 2004, on projette courageusement de s’attaquer au 2ème volume des oeuvres de Châteauneuf-du-Pape 1998. Pour fouetter un peu les sens, on décide de décorer les assiettes aux couleurs de l’Italie. Dès 19 :30, Tanguy – Sylvain M. pour ceux qui ne suivent pas – squatte la méridienne de la VIP room, en sifflant un p’tit Soutard 1998, pour exposer ses projets aussi secrets que vilains, et livrer quelques informations qui feront le miel de prochains compte-rendus. Puis, la short-list défile. Notre guest-star, Jean-Luc F., docteur ès-Mont-Olivet, précède Odile T. qui arrive flanquée de son petit personnel, Le Pâtissier (Emmanuel T.). Daniel et Dorothée G. ferment la marche et sont installés à l’écart, car ils sentent un peu le poisson après leur énième tentative malheureuse de percer l’art de la découpe du maître Hisa T.

Appetizer : canapés à l’houmous, au caviar d’aubergines et à la ricotta/poivron + GVdCF Franck Pascal Prestige 1998 cuvée Equilibre + CdP blanc Beaucastel 1998 (28 euros*). L’expérience du GVdCF continue. On aurait pu mettre nos blouses blanches mais comme ça ne tâche pas… Les avis sont à nouveau partagés sur la production de Franck Pascal. Pour le courant majoritaire, la bulle est fine et bien présente. Les saveurs sont nettes et agréablement évoluées, la puissance aromatique plus convaincante que sur la cuvée de base. Cela descend plutôt bien.
Pris tout d’un coup d'un délire mystique, Emmanuel T. nous rappelle avec ferveur que le golgotha n’a jamais été si proche. Dimanche et grâce au prodigieux tromé ligne 9 direction Mairie de Montreuil, on va pouvoir se ravitailler en potion magique (le Moscato d’Asti du sieur Bera) au marché des vins bios. On passe au blanc de Beaucastel, version regular. Le nez est discret mais la matière est assez dense. C’est relativement gras, avec un assez beau fruité, très net, et pas très persistant. Le rapport qualité-prix en questionne certains et d’autres s’interrogent sur le millésime et une possible phase de fermeture.

Primi piatti : risotto alla milanese (au safran) + CdP Pégau 1998 (15 euros*) + CdP Galet des Papes 1998 Vieilles Vignes (14 euros*). On ouvre les hostilités et les associations se font bien. Le Galet des Papes n’est pas 100% net. C’est un joli vin, gouleyant, déjà un peu évolué et doté de belles saveurs de grenache castelpapales. On peut lui reprocher un fruité un peu trop marqué et un petit manque de complexité (que le vieillissement apportera peut-être ?). Le Pégau est un bloc. La matière est dense, avec du gras, un poil rustique (comme on aime), avec des petites pointes très appréciables d’animalité et une certaine persistance. Il est en tout début de vie, très prometteur mais plutôt « closed for business ».
Jean-Luc F. se lève et propose de porter un toast à la victoire des toulousains d’IVV au Masters Iacchos 2004. Tanguy livre son opinion – déjà lourdement alcoolisée – sur le sujet : « J’y perçois la victoire de la rigueur, de la discipline et du travail. En 2005, avec Pierre C. et Corinne A., on va donc les piler ».

Secondi piatti : Abbacchio alla cacciatora (agneau braisé au vin rouge, à l’ail et au piment) & purée à l’huile d’olive + CdP Charvin 1998 (11 euros*) + CdP Vieux Donjon 1998 (11 euros*) + CdP Beaucastel 1998 (26 euros*) + CdP Clos des Papes 1998 (17 euros*). Autant l’association est bonne, autant le plat est moyen moins, sauvé cependant par la purée. Le Charvin est diabolique et classieux. Le nez est discret à l’instar de celui de ses congénères. Mais, la matière est superbe de naturel avec du volume, très sapide, dotée d’un très bel équilibre et d’arômes complexes. Il est extrêmement prometteur mais déjà très charmeur. Emmanuel T., très en verve, lui trouve des notes de zan. Sans même se lever de table, Daniel G. lui assène une grande baffe et lui casse ses lunettes. Odile T., sa régulière, approuve le geste affirmant que le temps est venu de lui apprendre l’humilité & le respect. On se verse le Vieux Donjon. C’est une autre expression de CdP, un poil très traditionnel, mais tout aussi exceptionnelle. C’est toujours très net et très naturel, mais le vin est plus puissant, quasi-explosif et affiche une profondeur étonnante, sans aucune marque d’évolution. C’est à nouveau délicieux. On poursuit avec le Clos des Papes. A ce stade, il ne semble pas très expressif, plutôt fermé. On discerne une belle matière, équilibrée et sans artifice. Enfin, on s’achève sur le Beaucastel. Selon Le Pâtissier – encore un peu groggy – rejoint par la majorité de l’assistance, le nez n’est pas complètement net, mais la bouche est clean. A l’instar du précédent, il est un peu fermé. C’est un bloc comme le Pégau, avec à ce stade un équilibre genre costaud.
Pieusement, Daniel G. profite de l’occasion pour nous raconter ses merveilleux souvenirs des dernières Journées Internationales du Grenache à Tarragone, combien cette manifestation a fait évoluer son opinion sur Slow Food et la justesse des causes que cette association défend et enfin, et surtout, le plaisir non-dissimulé qu’il aurait à être de nouveau invité.

From’j & dolce : tiramisu X 2 + PX 1972. A l’instar d’une certaine Corinne A. des Hauts-de Seine, la famille G. a décidé de « challenger sévère » la rigoureuse organisation de Le Pâtissier. On a ainsi deux versions du tiramisu plutôt goûteuses. Un triste individu a décidé de faire son intéressant en apportant une bouteille de PX. On verse la teinture d’iode aux condamnés. Aux dires des experts du sujet – déjà bien tassés – il affiche de beaux arômes de figues, une forte présence en bouche et l’accord avec la ronde des desserts est des plus réussi. Sans désemparer, on décide alors de nettoyer notre organisme de ce gas-oil sucré avec une petite verticale-horizontale-diagonale de boissons pour hommes (whisky à 55°/60°). Jean-Luc F. fait bonne figure dans le petit chemin de croix traditionnel...

(*) Tarif TTC départ propriété

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Sais-tu que notre stock de GVdCF est presque à zéro ?
C'est inexact. J'ai encore deux Bertrand des Marnières au frigo...
Derrière le Franck Pascal non-dosé, on va avoir l'impression de siffler du champomy !!!
Oh, la vache du BdM ! Il me colle des céphalés et il me fait crier les dents...
Bande de nifs ! Allez à Montreuil et faites le plein de Bera !
Jean-Luc a raison, la saison du Bera est open depuis le 1er avril...
Ouais, ouais allez-y même tout de suite à Montreuil, que je termine tranquillos le pétillant-à-francky...