Réunion du 1 mail 2004

Réunion du 1er mai 2004 :
Soirée noisette aux Mines-de-sel
de Fontenay pour le TGJP

En ce samedi 1er mai 2004, Corinne décide que la Fête du Travail serait surtout sa fête-à-elle-personnellement. Elle reprend par e-mail son petit refrain des lendemains qui chantent : «pour partager ma cave abondante, changeons la vie à Fontenay ici et maintenant». Bien décidés à entonner nous aussi notre petit couplet nourri d’humilité & de respect, nous nous présentons en basse banlieue dès 20 :10, en file indienne, en la compagnie de Le Bon Président. Thien T. et Pierre C. sont presque à l’heure. Enfin, Agnès et Gilles T. se faufilent discrètement dans le salon d’apparat, la mine curieusement un peu déconfite.

Apéritif : pot de rillettes + crème de poivrons + caviar d’aubergines + petite jambon cru + canapés à la cervelle de langoustines + Saint-Véran Lalande (Cornin) 2001 + Saint-Aubin Langoureaux 2002 Les Frionnes. Des gens qui vous servent des canapés à la cervelle de langoustine sont-ils vraiment des amis ? On peut plus qu’en douter mais d’après certains volontaires c’est goûtu. Vivement la semaine prochaine, on annonce une purée de carcasses ! Le Saint-Véran affiche une belle matière avec du gras, mais tant le nez que la bouche révèle un élevage que l’on peut qualifier de démonstratif. Le Saint-Aubin est plus désirable. Il affiche de jolies saveurs de chardonnay, un bel équilibre et un charme certain. En clair du plaisir. Pour renforcer cette douce félicité et avant d’achever le pot de ces délicieuses rillettes, je propose à la cantonade de coincer la bulle : «Bera pour les filles, Bertrand des Marnières pour les gars». Je file négocier avec Corinne à la cuisine mais je reviens bredouille. Force est de constater que le régime des Mines-de-sel est plutôt raide !

Entrée : Foie gras en terrine & langoustines écervelées sur une salade folle + Vdt Poirel 1999 Sauvignon + Meursault Buisson-Charles 1999 village + Puligny-Montrachet Domaine Leflaive 1994 Les pucelles. Le foie gras-à-la-Corinne le fait très bien. On s’attaque d’abord au Sauvignon de Poirel qui a été carafé. Thien veut nous la jouer devinette à trois sous, mais on ne l’a fait pas à Le Bon Président qui annonce très calmement sauvignon de Loire (moi qui le croyait seulement spécialiste des gros, moyens et petits manseng). C’est assez finaud, pas totalement net à la robe et au nez, un peu incertain. On a du mal à le «saisir». On passe au Puligny. Après une longue aération dans le verre, il daigne exprimer quelque chose. C’est élégant, avec de jolies saveurs et une certaine complexité. Mais, on reste clairement sur notre faim. La table exige alors le vin de la Essa Compagny. Le nez est beurré-noisette, un poil appuyé. En regard des deux quilles précédentes, la bouche paraît puissante, expressive avec des saveurs franches et soutenue par une belle acidité. Y’a du plaisir et le sourire revient sur les visages. On convient qu’une paire d’années de cave pourrait un peu arrondir le breuvage.

Plat de résistance : Onglet de veau farci au foie gras + grenailles de Noirmoutier + embeurrée de légumes de saison + Nuits-Saint-Georges C. Confuron 1988 + Côte-Rôtie Jasmin 1983 + Vosne-Romanée A. Gros 1999 Les barreaux + Saint-Emilion L’Arrosée 1989 + Cdp Mont-Olivet 1990 Papet + Cdr Gramenon 1995 Pascal. Clairement le régime super-dur des mines-de-sel à du bon et donne un élan très positif à Corinne rapport à sa tambouille. Malheureusement, elle n’est pas prête de s’en échapper car coté bouteilles, on ne sent pas trop l’ADdcN. On commence avec le Nuits. C’est un « has been » il est clairement éteint. C’est doux avec des saveurs de pinot noir très évanescentes. Je me verse un grand verre de Jasmin et colore vaguement le fond de celui de mes amis. C’est sublime ! Il est à point, bien évolué, avec des notes animales et minérales et une pointe de rusticité. Avec Le Bon Président, on convient que le palais de nos amis gâcherait une telle merveille et qu’il est urgent de le torcher. On achète le silence de Thien avec un deuxième fond très, même trop généreux. Je remplis à la hâte les verres de Vosne Romanée en soulignant la majesté du cru et l’impérieuse nécessité de ne pas à nouveau «bafouer la Bourgogne». Après l’œuvre de Jasmin Père, il paraît bien jeune. Tout est là : densité, structure, netteté, mais aussi élevage avec une pointe d’amertume en finale. Va falloir lui assurer un long repos. On file en direction du Bdx, mais on repart aussitôt, la bouteille de l’Arrosée étant bouchonnée. Pour l’arrêt suivant à Cdp, je fais diversion en encourageant mes camarades à d’abord terminer le Vosne. En pure perte car le Papet est lui aussi victime des carences des bouchonniers (un bien beau métier !). Enfin, on pense trouver le repos du guerrier avec le Gramenon. Au départ, il pétille. Puis, il affiche une forte sucrosité. Enfin, la matière est lourde et manifestement abîmée.
Tout à trac, Pierre C. s’interroge sur les raisons curieuses de la récente intervention du Marchand du temple sur la liste Iacchos, suivie en principe d’un nouveau départ (le 3ème ou le 4ème en trois ans, mais quant on aime on ne compte pas !). Je souligne que l’oisiveté est la mère de tous les vices. Corinne ne comprend surtout pas pourquoi ce dernier a tendu les deux joues, en revenant tout seul comme un grand, sur ses turpitudes passées. Sur un ton pas vraiment débonnaire, Le Bon Président clôt le débat en indiquant qu’il ne sait pas si c’est de mémoire ou d’éthique dont il est le mieux pourvu.

From’j, pâtes de coing & dessert : œufs à la neige + Quart de Chaume Suronde 1997. Après l’affaire du crumble-en-papier, Corinne a lancé toutes ses forces dans la bataille pour dit-elle « en finir avec les usurpateurs » – et ils ne sont pas trop de deux les vilains. Cette saine émulation est constructive car les œufs à la neige sont vraiment délicieux et appellent de toute évidence, pour la partie adverse, une riposte digne d’un gâteau au chocolat au beurre salé. Pas moins. Pour le Suronde, y’a débat. Des esprits fâcheux – qui lisent trop la RVF ? – lui trouvent une petite touche d’oxydation, d’autres le trouvent très à leur goût. Cependant et à ce stade, tous lui trouve supérieur le 1996 bu la semaine précédente. Sur ce, on considère que notre contrat est rempli et que l’heure des braves a sonné.

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Pierre s'est blessé à la main en ouvrant une bouteille de champagne...
Y'a pas à dire, le métier de marchand de sandwichs est super-dangereux...
On te l'a déjà dit quinze fois !!! Laisse tomber le champomy et vends du Bera...
En plus et amha, les bouteilles de Bera sont beaucoup plus belles...
Bera mon Pierrot, c'est tout le charme de l'Italie, y'a pas photo...
Je ne connais pas une fille qui résiste au Bera et l'association est parfaite avec tes sandwichs...
Pierre va t'il enfin abandonner le champomy qui-fait-mal-à-la-main pour le Bera ? La suite au prochain épisode...